« Ces jours qui disparaissent » de Timothé Le Boucher

501 CES JOURS QUI DISPARAISSENT[BD].inddJe te promets. On est mardi aujourd’hui.
Mais non, on est lundi…

Est-ce une mauvaise blague ? Le collègue de Lubin Maréchal lui assure que non. Il n’est pas venu travailler la veille, le patron est furieux.

Et ce n’est que le début d’une longue descente aux enfers. Car Lubin, jeune acrobate, entouré d’amis formidables, amoureux de Gabrielle, ne se réveille plus qu’un jour sur deux. Les jours qu’il manque ne sont pas perdus en sommeil pour autant. Après avoir placé une caméra dans sa chambre, il se rend compte qu’il se réveille bel et bien, mais que c’est un autre qui a pris sa place. Une personnalité qui vit dans son corps, à l’opposé de ce qu’il est.

Lubin est bordélique, son autre est rangé. Lubin est un saltimbanque, son autre est un intellectuel. Lubin est paresseux, son autre est besogneux. Lubin se laisse vivre, son autre est ambitieux.

Tous deux communiquent en se laissant des vidéos, et si leur collaboration au début se passe bien, la situation va vite se dégrader. Son autre n’aime pas se réveiller auprès d’une fille qu’il ne connait pas, en a marre de devoir repasser derrière le bazar de Lubin et ne compte pas se tourner les pouces en attendant que ses journées à lui passent. Il veut avoir sa propre vie et travailler.

Petit à petit, c’est l’autre qui prend le dessus et Lubin ne se réveille plus qu’un jour sur trois, puis moins encore.

Cet album a été un coup de coeur général chez mes copains du mercredi et il me tardait de le découvrir. Côté planches, je ne suis pas déçue. C’est beau et fluide. Ca m’a même fait penser aux dessins animés japonais de mon enfance.
Quant à l’histoire, je l’ai trouvée passionnante. Je ne m’étais jamais posé la question de savoir ce que je ferais si je ne vivais plus qu’un jour sur deux, ou un jour par mois. Quelle drôle d’idée après tout ? Mais une idée qui valait la peine d’être exploitée et je trouve que Timothé Le Boucher a fait un travail du tonnerre.

On est tiraillés entre les deux. Parce qu’on connait Lubin, on sait qui est l’imposteur, on a envie qu’il s’en débarrasse. Mais cet autre, qui n’a rien demandé, doit bien vivre aussi maintenant qu’il est là. Et il y a des fois où j’ai eu plus de sympathie pour l’autre qui a réussi à mener sa barque plutôt que pour Lubin qui s’est laissé couler petit à petit, au point qu’on puisse envisager qu’il allait un jour disparaître.

C’est l’aspect de cet album qui m’a agacée, car j’avais envie de secouer Lubin un bon coup pour qu’il réagisse plutôt que de se laisser submerger par la situation. Je l’ai trouvé défaitiste avant même d’avoir engagé le combat alors qu’il a toutes les raisons du monde de se battre.

C’est pour cette raison que ce n’est pas un coup de coeur. Mais cela ne tempère pas mon sentiment global, qui est que c’est un très bel album, avec une histoire travaillée et émouvante, qui m’a même mis la larme à l’oeil à la fin.

Prix des Libraires de Bande Dessinée 2017 

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Glénat, 2017, ISBN 978-2-344-01332-8, 192 pages, 22,50€

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On se retrouve chez Moka pour découvrir les autres BDs de la semaine !

 

 

 

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19 réflexions au sujet de « « Ces jours qui disparaissent » de Timothé Le Boucher »

  1. Un album qui a le mérite de titiller le lecteur en tout cas ! Car il ne laisse pas indifférent.
    C’est rare quand une BD me captive autant. Qu’est-ce que j’avais aimé cette lecture !

  2. Je te rejoins sur le côté très propre, c’est un beau travail. Après ca n’est pas forcément une histoire qui va toucher universellement (si tant est que cela existe). Moi c’est une certaine froideur (du dessin et du scénario) qui m’a dérangé.

  3. J’ai énormément aimé l’histoire, les dessins un peu moins, je les ai trouvés trop sages, à l’image du personnage finalement… qu’on aimerait secouer…

  4. Un album particulièrement intéressant, découvert sur le tard pour ma part.
    Si cela te tente, voici l’interview que j’ai réalisé de l’auteur :

  5. On n’y reste pas insensible, en effet. On a de la sympathie pour pas mal tous les personnages. Je me demande bien comment il aurait pu réagir différemment… mais oui, on a l’impression qu’il a laissé tombé. Par contre, moi j’ai aimé les images juste moyen.

  6. La résignation de Lubin peut agacer, c’est vrai, mais ça n’a pas du tout été le cas pour moi et j’ai eu un vrai gros coup de coeur pour ce album.

A vous les micros !

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