« Facteur pour femmes » de Didier Quella-Guyot & Sébastien Morice

9782818934135.jpgCa y est, c’est officiel. La guerre est là. Elle sera courte, ce n’est qu’un au revoir, mais les hommes doivent quitter leur île bretonne pour rentrer dans les rangs de l’armée. Les femmes sont désormais livrées à elle-même. En plus de s’occuper des enfants et de la maison, elles doivent prendre la relève de leurs maris pour les travaux des champs et tout ce qui s’ensuit.

Maël est le seul jeune gars du village à échapper à la mobilisation, à cause de son pied bot. Il vit seul avec son père, qui le méprise car sa femme est morte en couches, donc à cause de lui. Ce père le traite comme un moins-que-rien et n’a de cesse de le rabaisser devant les autres.

Mais avec la guerre, tout va changer. Maël se voit confier la difficile mission de facteur et doit parcourir plusieurs fois par semaine toute l’île pour distribuer le courrier. C’est le seul homme jeune que les femmes voient. Et cette courte guerre n’en finissant pas, elles commencent à être émoustillées par la présence de cette chair fraîche et masculine à portée de main. Maël, qui a toujours été méprisé par son père ou moqué par d’autres, reprend alors confiance en lui alors que les femmes lui ouvrent leur coeur (pour rester polie).

Et elles le lui ouvrent d’autant plus facilement que Maël, gardien des messages des fiancés et maris, profite de sa situation pour lire les courriers, cacher les mots d’amour des uns et découvrir les secrets des autres. C’est un malin, ce Maël ! Peu scrupuleux, malhonnête, mais malin.

Dans cette BD, nous avons donc un facteur qui butine auprès de femmes rendues volages par les circonstances. Les journées sont difficiles, le moral bas, les nouvelles des hommes terribles. Et puis il y a justement cette opposition entre cette parenthèse de désir et de luxure d’un côté pendant que de l’autre les maris participent à une horreur dont jamais ils ne se remettront, s’ils reviennent un jour.

Si c’est justement ce contraste qui m’a mise mal à l’aise, cela n’a duré qu’un temps. En réalité je suis tombée sous le charme de cet album, touchant, qui pour commencer est d’un esthétisme sublime. Et j’ai finalement beaucoup d’affection pour Maël qui a pris sa revanche sur la vie, pas de la façon la plus loyale qui soit, mais il aura fait du bien au moral de nombreuses femmes. Chacune s’est sentie unique et a pu s’échapper de son quotidien.

Sans compter que cette histoire s’inscrit dans une autre, plus contemporaine, qui n’est pas dénuée de sel ni de charme.

Donc je remercie les copains du mercredi pour m’avoir fait découvrir cette BD et mon Amoureux pour me l’avoir offerte à Noël ❤

 

 

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Grand Angle, 2015, ISBN 978-2-8189-3413-5, 111 pages

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