« Colorado Kid » de Stephen King

50261_300.jpgDeux journalistes vieillissants viennent de laisser partir un reporter du continent sans rien à se mettre sous la dent. Celui-ci cherchait des affaires mystérieuses pour un nouvel article mais les deux compères ne lui ont raconté que de vieilles histoires. Leur jeune stagiaire, qu’ils espèrent garder avec eux sur cette île où il ne se passe pas grand chose, comprend qu’ils ont gardé le meilleur pour eux.

Alors ils ferment les locaux, se réfugient sur la véranda avec vue sur la mer, et lui racontent. Ils lui racontent qu’il y a vingt-cinq ans, deux jeunes ont retrouvé en faisant leur footing matinal un homme assis contre un poteau face à la mer, mort. Les deux policiers mis sur l’enquête étant particulièrement incompétents, l’affaire n’a jamais été résolue. Ce sont les deux journalistes qui ont fait le plus gros travail d’investigation avec une jeune recrue de la médecine légale qui a finalement changé de voie rapidement après l’affaire.

Ce roman est donc la discussion des trois protagonistes autour de ce mystère. Qui était cet homme ? D’où venait-il ? Que faisait-il sur l’île ? Les deux vieux hommes vont égrener leurs informations une par une, laissant des blancs pour donner le temps à Stephanie de réfléchir et poser elle-même les bonnes questions, ou aboutir à ses conclusions. Stephen King est parti d’un fait et explore les pistes possibles, celles qui sont plausibles, celles qui sont exclues. Il montre les contradictions, les possibles coïncidences. C’est un jeu d’esprit.

Comme l’écrivain le dit lui-même dès le début de sa postface : « (…) vous avez aimé ou détesté » Colorado Kid. Pas de juste milieu. Sans aller jusqu’à détester, on peut quand même avoir trouvé le temps long. La conversation avance à un rythme relativement lent, les deux vieux journalistes ayant l’habitude de palabrer. L’auteur insiste aussi sur leurs particularités linguistiques régionales, ce qui en français sonne faux et caricatural. Par exemple le « pour sûr » qui revient très régulièrement en début de phrase. On a l’impression de voir deux comédiens jouant une pièce de théâtre.

Quant à l’énigme, vous ne saurez pas par moi si elle trouve sa solution ou pas, mais ne vous attendez pas à des révélations fracassantes. Si vous passez un bon moment de lecture, ce sera toujours ça de gagné.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

J’ai Lu, 2017, ISBN 978-2-290-15506-6, 159 pages, 5€

 

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