« Rien ne se perd » de Cloé Mehdi

41IL9hr0j-Ljoli-coeurPrix Etudiant du Polar 2016
Prix Dora Suarez 2017
Prix Mystère de la Critique 2017

 

Mattia n’est qu’un enfant, mais la misère et les problèmes, il a déjà eu le temps de les connaître. Il vit avec son tuteur, Zé. Un jeune homme qui travaille en tant que gardien de nuit, et qui passe ses journées auprès de Gabrielle, la femme qu’il aime. C’est à dire à l’hôpital puisque Gabrielle a tenté de mettre fin à ses jours. Il a tellement peur pour elle qu’il demande à Mattia de se glisser sous son lit en cachette la nuit pour la surveiller.

Le petit garçon n’en est pas à sa première rencontre avec le suicide. C’est comme ça que son père est mort, quand il avait 5 ans. C’était un éducateur qui rêvait de changer les destins des jeunes de cité. Et quand le jeune Saïd est décédé après une bavure policière et que le policier responsable a été acquitté, il ne l’a pas supporté.

Malgré les années écoulées, l’affaire Saïd refait surface avec des tags qui réapparaissent : « Justice pour Saïd ». Mattia, pour qui ce n’était qu’un vague souvenir, repense à tout cela. La mort de son père, le fait que sa mère n’ait pas eu le courage de s’occuper de lui, son demi-frère qui ne prend pas de nouvelles, sa soeur chérie qui disparait puis revient comme si de rien n’était… Et puis il y a ces deux hommes qui suivent Mattia. Que lui veulent-ils ?

C’est là qu’on bascule du roman social au thriller. Un thriller qui se met en place tout doucement, sans qu’on le voit véritablement venir. Mais petit à petit, des informations recueillies par-ci par-là, parfois même dans les silences puisque Mattia doit être tenu à l’écart, laissent à penser que ce qui nous attend sera édifiant. Et que c’est réussi ! Cloé Mehdi livre un roman de haute volée. Avec des personnages marquants, écorchés par la vie, forts et sensibles.

Pourtant encore jeune, l’auteure fait preuve d’une maturité impressionnante. Dans son écriture, tout d’abord, belle, minutieuse, truffée de phrases qu’on a envie de retenir. Et bien entendu dans les faits qu’elle décrit, les pensées qui traversent les personnages, y compris Mattia contraint de grandir trop vite. On ne peut plus lâcher ce roman et ce dès les premières pages. On s’attache aux personnages, on comprend que sous la surface se cachent des choses, qui étaient censées rester cachées mais qui refont surface, et on n’a qu’une envie, les connaître à notre tour.

Rien ne se perd est un roman éblouissant, percutant, magistralement construit, qui donne diablement envie de découvrir le premier roman de la talentueuse Cloé Mehdi, Monstres en cavale, lauréat du prix de Beaune 2014.

Jai Lu, 2017, ISBN 978-2-290-14123-6, 350 pages, 6,70€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

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