« Ni terre ni mer T1 » d’Olivier Megaton, Sylvain Ricard, Nicola Gianzanella & Sébastien Gérard

81Ev+sLEmYL.jpgCela fait deux ans que cinq amis ne se sont pas vus lorsqu’ils embarquent ensemble sur un voilier. C’est une sorte de pélerinage, qui a pour but de les libérer du secret qu’ils gardent en eux. L’objet du secret est Jan, qui faisait partie de leur cercle mais serait mort par leur faute. Mort… ou pas ? Apparemment, la question n’est pas tranchée. Il s’est passé quelque chose, mais même les cinq amis (dont la soeur de Jan) ont des doutes sur la vérité.

L’album s’ouvre sur une tempête terrible qui fait s’échouer le bateau contre les rochers, au pied d’un phare. C’est là qu’ils trouvent refuge auprès des deux gardiens qui y cohabitent jour et nuit. Mais l’ambiance est vite pesante. Leur bateau est détruit, les communications radios coupées. L’ombre de Jan ne les quitte pas, comme si de là où il est il voulait les faire payer pour ce qu’ils ont fait. Le phare est grand, on s’y perd facilement et c’est ce qui arrive. On ne sait plus où est passé l’un ou l’autre.

L’ambiance est aussi inquiétante en raison d’Alex, le personnage à l’origine de cette escapade. C’est lui qui est aux commandes. Cet éphèbe se démarque par son caractère présomptueux, méprisant, égoïste et pourtant séducteur. Son intention n’est pas claire, il semble voir ce qui se passe comme un jeu, ce qui laisse à penser que la mort de Jan serait survenue justement à cause d’un jeu. Nous en saurons plus dans la deuxième partie de ce diptyque.

En parallèle des scènes sombres dans le phare, alors que la tempête fait rage en pleine nuit, des planches bien plus colorées et lumineuses nous montrent ce qu’il s’est passé les heures précédentes, quant les amis se retrouvaient et que chacun profitait du soleil et de la mer. Même si une inquiétude générale se faisait déjà sentir.

Les illustrations de Nicola Genzianella et Sébastien Gérard servent à merveille le diabolique récit inventé par Olivier Megaton (réalisateurs des films Taken et Taken 3) et Sylvain Ricard. C’est angoissant, à la hauteur d’un très bon thriller. On a le coeur qui bat à mesure que le récit s’étoffe, qu’on apprend à connaître les personnages et qu’un premier meurtre survient. On se laisse rapidement gagner par l’atmosphère oppressante, d’autant plus que les personnalités des cinq amis et des deux gardiens se révèlent et pour certains s’opacifient. Car Alex est le personnage le plus marquant, mais il y a aussi Thomas le timide kleptomane, Julie la belle aguicheuse, Hélène la craintive et Eve la forte tête. Un groupe hétérogène dans lequel chacun a un rôle à jouer, mais lequel ? Le mystère reste entier.

Je n’ai qu’un regret, ne pas avoir le second volet sous la main pour connaître le fin mot de l’histoire. Car ce premier tome est une vraie réussite.

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Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Dupuis, 2017, ISBN 978-2-8001-5216-5, 56 pages, 14,50€

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