« L’intérieur de la nuit » de Léonora Miano

miano-l-interieur-de-la-nuit-1L’histoire se passe dans un pays africain imaginaire. La jeune Ayané est partie en Europe pour ses études et revient au village, ayant appris que sa mère était gravement malade.

Ayané est la fille de la pariah du village. Une femme qui vivait en couple, car son mari n’avait pas besoin d’un harem, contrairement à la tradition polygame. Une femme qui était libre d’aller où elle voulait, et de dire et de faire ce qu’elle voulait. Jalousie de la part des autres ? Rejet car elle ne leur ressemblait pas ? Toujours est-il que les femmes ne la portaient pas dans leur coeur, et qu’elle donne à sa fille un prénom inventé qui ne veut rien dire n’a pas arrangé les choses.

En digne fille de sa mère, ayant aussi reçu une éducation européenne devenue jeune femme, Ayané revient au village en comprenant l’importance des traditions sans toutefois parvenir à se mettre sur la même longueur d’ondes que les autres.

Mais elle n’aura pas le temps de creuser davantage la question, car la situation politique chaotique aux confins de leur territoire, dont les villageois n’avaient plus le droit de sortir, vient jusqu’à leurs portes. S’ouvre alors une nuit en enfer, terrible et inhumaine, à l’image de ce qu’on peut encore entendre de nos jours lorsque des enfants soldats sont drogués pour mieux devenir des machines à tuer.

J’ai trouvé ce récit à la limite du conte horrifiant et à la fois fascinant. On y retrouve le mode de société tribale africain, avec ce qu’il a de bénéfique comme ce qu’il a de dangereux. Le tournant que prend le récit avec l’incursion des miliciens est particulièrement terrible, et les répercussions que cela aura sur la vie au village ne le seront pas moins.

Léonora Miano semble être une très belle voix de la littérature africaine, il y a là le talent de l’écriture et de l’imagination. Elle porte un regard à la fois tendre et consterné sur des traditions dont elle parle, je pense, en connaissance de cause. Où la cruauté peut aller loin.

Pocket, 2006, ISBN 978-2-266-16268-3, 214 pages

*Prix Révélation de la Forêt des Livres en 2005 & prix Louis Guilloux en 2006 

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