« Je m’en vais » de Jean Echenoz, en LC avec Bruno

Dans l’optique de faire baisser ma PAL, j’ai sollicité des lectures communes, histoire de me motiver davantage. Bruno a proposé quelques titres et nous avons donc convenu d’une lecture par mois, à un rythme de publication toutefois tout personnel.

Bruno n’ayant pas de blog, je me charge de publier sa chronique ici.

Et nous commençons donc avec le roman Je m’en vais de Jean Echenoz.

jemenvais

Chronique de Bruno

 

Ce roman, court, de Jean Echenoz, prix Goncourt 1999, commence et se termine par les 4 mots du titre.

      Nous rentrons dans la vie de Félix Ferrer, ancien artiste devenu galeriste. Pendant un an du 1er Janvier au 31 Décembre. C’est un taiseux, un solitaire. Un méticuleux, aussi : se rappeler, par exemple, le rituel immuable du début de ses matinées.

      Nous le suivons de Paris au Pôle Nord dans une chasse au trésor aux multiples rebondissements.

      Nous partageons avec lui ses problèmes financiers, ses problèmes de santé, ses problèmes sentimentaux…

       Nous faisons la connaissance de nombreux personnages secondaires, plus ou moins énigmatiques, que nous découvrons petit à petit par petites touches concises qui caractérisent le style de Jean Echenoz : de Baumgartner à Delahaye, en passant par Le Flétan, par Supin (le policier amateur d’Art), par son cardiologue … sans oublier le portrait des nombreuses femmes qui entrent dans la vie de Felix Ferrer, plus ou moins brièvement, mais qui n’y restent jamais, sans toujours savoir d’où elles viennent ni où elles repartent : Brigitte, l’infirmière du bateau/brise-glace ; Victoire, l’énigmatique femme accompagnant Delahaye ; Bérangère et son parfum ; Hélène et ses tenues vestimentaires ; Sonia et l’épisode du babyphone ; Martine, la veuve de Delahaye … sans oublier (même si elle ne croise pas Félix) la femme errant, seule, sur la route, sous la pluie.

       Le monde où vit Félix Ferrer  permet au narrateur de lancer quelques pointes acerbes sur le milieu de l’Art : galeristes, artistes et leur ego surdimensionné, collectionneurs,  critiques, spéculateurs …

       Il règle son compte, en moins de 10 lignes ( 9 et demie, exactement, page 148 et 149), au milieu médical hospitalier.

       Ce roman, ce que j’apprécie beaucoup, est construit comme les feuilletons des revues de mon enfance c’est à dire, souvent, à la fin de ses chapitres (toujours très courts!), nous restons sur un suspens : il faut attendre 2 voire 3 chapitres pour retrouver le fil rouge d’un personnage et à l’évolution de sa situation.

       Jean Echenoz a le savoir-faire, a l’art de nous décrire un détail précis de la vie de ses personnages ou un trait de leurs caractères. Juste en quelques mots ou en quelques lignes.

        Dernière petite précision : Les Editions de Minuit, son éditeur de toujours, a eu la pertinence d’ajouter, en fin du livre, une interview de Jean Echenoz où il nous parle de son processus de création. A lire avec gourmandise !!

       Vous l’avez compris : j’ai pris un immense plaisir à la lecture de « Je m’en vais » et je remercie vivement le blog « Le jardin de Natiora » d’avoir accepté une Lecture Commune pour ce livre qui m’attendait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Ce qui nous a permis, soit dit en passant, de faire baisser nos Pal respectives !!

A mon tour

Alors pour être tout à fait franche, j’écris ce billet un peu plus d’un mois après avoir lu le livre. J’ai pris beaucoup de retard dans mes billets pour des raisons diverses et variées et s’il y a des romans pour lesquels ça ne pose pas de problème, pour Je m’en vais c’est assez problématique : j’en garde un souvenir très diffus. Et pour tout vous dire, c’était déjà le cas lorsque je le lisais et que je devais reprendre ma lecture le soir venu : alors, où en est-on ? Et c’est qui elle déjà?

Le souci que j’ai rencontré tout au long du roman c’est l’imperméabilité du texte. Je glissais dessus sans jamais parvenir à rentrer vraiment dedans. L’image qui me vient est une paroi de verre sous laquelle je voyais bien qu’il se passait des choses, un personnage principal, des rencontres, une atmosphère. Sans jamais trouver de fissure dans cette paroi.

En clair, je ne me souviens pas du tout de l’histoire, hormis que nous avons affaire à un galeriste désabusé qui pense avoir trouvé une mine d’or artistique au Pôle Nord.

En revanche je sais que j’ai été frappée par le style, qui m’a beaucoup plu. Jean Echenoz a une façon de nous faire entrer dans la tête de son personnage tout en maintenant une distance critique qui m’a enchantée. J’aime les bonnes histoires mais rencontrer UN style c’est aussi appréciable. Il installe une sorte de jeu avec le lecteur où le roman dans son ensemble est une litote (en dire beaucoup avec une économie de moyens). Du coup même si l’histoire ne m’a laissée qu’une bonne impression sans être capable de m’en souvenir, cela me donne grandement envie de relire cet auteur.

* Dans mon exemplaire il n’y a pas d’interview, j’ai l’édition parue en 1999, encore en francs !

 

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