« Nous rêvions juste de liberté » de Henri Loevenbruck [immense coup de coeur]

51UpYRCc4PL._SX210_coup de coeur« Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté. »

C’est ainsi que s’ouvre ce roman, et cette phrase à elle-seule résume toute l’histoire. Hugo, Freddy, Alex et Oscar sont quatre amis issus des quartiers pauvres de Providence. Quatre adolescents, quatre caractères, quatre passifs, mais ils forment un tout. Leur famille, c’est eux ; ils se considèrent comme des frères et se promettent qu’ils seront toujours là pour amortir la chute de l’un ou de l’autre. Ensemble, ils font les quatre cents coups mais sans jamais embêter les autres, sauf si on les cherche ou qu’on essaie de leur imposer une autre loi que la leur. Là oui, ils sortiront volontiers les poings.

Leurs journées sont partagées entre l’école de riches qu’ils sont obligés de fréquenter, les soirées dans la caravane d’Hugo et les virées à moto. Jusqu’au jour où leur vie tranquille bascule et que le cadre défini par la société ne les rattrape. Car le monde est ainsi fait qu’il faut rentrer dans des cases et se conformer aux bonnes mœurs.

Nous rêvions juste de liberté est un roman magistral. Bouleversant. Exaltant. Révoltant. Enivrant. Construit à la manière d’un road-trip, chaque nouvelle étape marque une nouvelle aventure pour nos personnages. Tantôt on rit, tantôt on tremble, on se met en colère aussi. Mais ce qui domine véritablement l’ensemble, c’est cette soif de liberté, ce besoin de vivre comme on est et pas comme on veut qu’on soit, faire ce qu’on veut et pas ce qu’on veut de nous. Ce sont de grandes idées qui pourtant s’appliquent au quotidien sous une forme des plus simples pour nos héros : sentir le vent à moto, regarder les étoiles, boire à s’en retourner le cerveau, rire à n’en plus pouvoir, aimer sans possessivité. Le pouvoir ? L’argent ? Le confort ? A quoi bon. Ce qui les guide, c’est la loyauté, l’honneur et le respect. Rien de plus.

La philosophie est belle mais l’engagement difficile. Ce que Hugo, le narrateur, apprendra à mesure de sa quête. Il rencontrera sur sa route des gens formidables, d’autres moins. Et il apprendra que même quand on évite les embrouilles, les embrouilles, elles, vous rattrapent toujours.

Ce roman est aussi l’histoire des MC, les clubs de motards aux États-Unis qui ne voulaient pas forcément de mal aux gens mais qui semaient la terreur malgré tout. Hugo et ses amis entreront dans la légende des MC, pour le bien comme pour le pire.

Ce qui ressort en caractères gras en tous les cas, c’est la valeur de l’amitié. A la vie, à la mort. Les garçons de Providence et leurs amis rencontrés sur la route en sont l’exemple le plus authentique qui soit. Même si, comme le rappelle un des Présidents de MC, Jésus-Christ aussi avait de très bons amis. En théorie.

Henri Loevenbruck signe là un roman coup de poing percutant, de ceux qu’on aimerait se prendre plus souvent en pleine figure. C’est brillant, remarquablement écrit, au rythme d’une jolie trouvaille par page en exagérant à peine. Et quelle tristesse au moment de tourner la dernière page, on aurait aimé qu’elle n’arrive jamais…

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

J’ai Lu, 2017, ISBN 978-2-290-11907-5, 493 pages, 7,80€

♣ J’avais du mal à poser ce roman et en même temps j’avais envie de le faire durer car je n’avais pas envie que cette histoire se termine. Il entre dans la liste de mes livres préférés et je conseille à tout le monde de le lire et de l’offrir.

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