« Nous retournerons sur le Tage » de Alia Pinto Falgueiras

unnamed1coup de coeurLudovic est un jeune homme heureux : il est marié, bientôt papa, et aime son travail d’avocat. Seule ombre au tableau, le récent décès de son père qui va déterrer un secret enfoui depuis longtemps et qui va bouleverser son histoire personnelle.

Un inconnu le contacte un jour, demandant instamment à lui parler. Il a quelque chose à lui révéler. Il lui apprend que contrairement à ce qu’il a toujours pensé, sa mère ne l’avait abandonné pour un autre homme quand il était petit. A la fin de sa vie, elle a écrit ses mémoires pour qu’ils reviennent un jour à son fils, quand elle et le père de Ludovic seront morts.

C’est ainsi l’histoire de Solange qui nous est contée, une jeune française née dans la campagne tourangelle dans une famille de paysans. Dans les années 70, elle monte à Tours pour s’affranchir du mode de vie de ses parents et choisir son destin. Elle devient vendeuse, côtoie du monde. Et puis elle rencontre Joaquim, un immigré portugais qui a quitté son pays pour trouver du travail en France et peut-être y construire sa vie.

Entre eux c’est le coup de foudre. Ils s’aiment et veulent fonder une famille. Mais Solange ne se doute pas qu’entre eux il y aura toujours un fossé culturel.

Je vous le dis sans détour : j’ai adoré cette histoire. Solange est extrêmement attachante. C’est avec plaisir qu’on la voit évoluer professionnellement, socialement et sentimentalement, tout en sachant que cela se terminera mal puisque dès le début nous savons qu’elle a été contrainte de s’éloigner de son fils. Son histoire de femme amoureuse délaissée est émouvant, et son combat de mère poignant. Pourtant, aucun pathos. Solange est forte, fidèle à son milieu rural d’origine dans lequel on reste debout contre vents et marées. Nous la suivrons ainsi jusqu’à un âge avancé.

La question de la différence culturelle est intelligemment abordée, d’autant plus qu’Alia Pinto Falgueiras est manifestement d’origine portugaise et sait de quoi elle parle. On y voit un homme se débattre entre les aspirations de sa famille au Portugal et ses passions en France. Même si à un certain point je ne vous cache pas que j’ai eu beaucoup de mal à compatir à ses altermoiments.

Et pour ne rien gâcher, l’écriture est séduisante. Le tempo est parfait, le style fluide et enlevé. J’ai lu ce roman quasiment d’une traite tant j’étais portée par le courant des mots et l’intérêt de l’histoire.

Nous retournerons sur le Tage est un énorme coup de coeur qui m’aura permis de lire pour la première fois un ouvrage d’une petite maison d’éditions tourangelle, Villèle Editions.

Villèle Editions, 2014, ISBN 979-10-92117-11-0, 292 pages, 20€

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