« Boston girl » de Anita Diamant

51-4up9y12L._SX326_BO1,204,203,200_.jpgjoli-coeurAddie Baum est une bostonienne née en 1900. C’est son histoire qui nous est racontée dans ce roman, dans lequel elle s’adresse à sa petite-fille qui lui demande en 1985 comment elle est devenue la femme qu’elle est aujourd’hui.

Les parents d’Addie ont fui la Pologne pour une vie meilleure, et surtout un pays où le père de famille ne serait plus recherché par la police pour une broutille. Il est arrivé en premier aux Etats-Unis, bientôt rejoint par sa famille. Les Baum sont des personnes pieuses, très portées sur la tradition juive et méfiantes à l’égard de la société américaine.

Addie nait dans cette époque où les femmes commencent à s’affirmer. Elles veulent être éduquées, travailler, choisir le mode de vie qui leur convient, leur mari… Les deux soeurs d’Addie représentent des versions antagonistes de ces deux façons de penser. L’aînée est le mouton noir, on ne parle pas d’elle et elle ne vient pas voir ses parents. Elle est vendeuse dans une boutique et s’assume comme une femme émancipée. La cadette en revanche est plus fragile, plus soumise, et accepte de se marier à l’homme que sa mère a choisi, un veuf deux fois plus vieux qu’elle mais bien plus fortuné.

Quant à Addie, elle ne sait trop que penser au départ. Tiraillée entre la tradition familiale et les promesses de la vie américaine, elle tente tant bien que mal de concilier les deux jusqu’à ce que son coeur et sa raison la poussent à faire ses choix par elle-même. Il en sera ainsi des études, du travail, de l’amour, des amitiés…

On s’attache tout de suite à cette petite fille qui grandit jusqu’à devenir une femme, puis une épouse et une mère. On la voit traverser les épreuves, échecs, deuils et déceptions, et avancer coûte que coûte, plus forte que jamais. Mais on la voit aussi évoluer en apprenant à rester fidèle à elle-même. C’est raconté avec émotion, humour, et une grande justesse. Rien de mièvre ni de féministe, c’est bien plus subtil.

C’est aussi un tableau de la vie socio-économique des Etats-Unis dans la première moitié du 20è siècle, dans lequel notre héroïne s’incrit harmonieusement, même lorsque c’est à contre-courant. Il y a le contexte de la guerre, de la crise économique, le sujet des droits des enfants, l’avortement…

Ce roman aura été un véritable coup de coeur. J’ai été captivée par la vie d’Addie, je me suis identifiée à elle en me disant « ah, si j’avais son cran ! ». Sans que ce ne soit le but, on ressort de cette lecture avec l’envie à notre tour de transformer le plomb qui nous immobilise au sol en poussière d’or. Ce personnage me manquera !

Hugo Roman, 2016, ISBN 978-2755623055, 342 pages, 17,95€

 

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