« Règne animal » de Jean-Baptiste Del Amo

CVT_Regne-animal_4117.jpgCe roman m’avait tapé dans l’oeil à la rentrée littéraire de septembre 2016 et mon homme s’en est souvenu, je l’ai eu en cadeau récemment 🙂

J’étais intriguée par l’histoire de cette famille rurale sur plusieurs générations, allant du début du 20è siècle jusqu’en 1981. Le fil conducteur, autre que la parenté, étant qu’ils sont éleveurs de porcs sur la même exploitation familiale depuis près de cent ans.

Nous avons au début « la génitrice », mère d’Eleonore. C’est une femme très dure, pour qui un sou est un sou, et qui soutient son mari malade plus parce qu’il le faut bien que par amour. A mesure que les années passent, Eleonore grandit, devient jeune femme, se marie. Elle qui avait le bon terreau pour faire pousser un coeur tendre finira elle aussi par l’assécher au fil du temps.

Quand on bascule en 1981, ce n’est guère plus joyeux. L’exploitation est difficile à tenir et une maladie semble s’étendre chez les bêtes.

Alors présenté comme ça, on pourrait croire que c’est une histoire lugubre et triste. Et ça l’est. Dès le début, on lit comment les truies sont châtrées (c’est abominable) et comment la génitrice se débarrasse des bébés qu’elle met au monde car comme elle ne les a pas sentis grandir en elle, ce sont nécessairement les fruits du diable (les mamans, faudra vous accrocher). L’amour est quasi inexistant dans cette famille, ou alors il prend des formes bizarres (l’inceste, la folie, la gueule cassée). Rien n’est pur, tout est perverti.

Et c’est justement pour cette raison que j’ai aimé le roman, malgré le désepoir qui suinte à chaque page, ou pas loin. Ce n’est pas une noirceur gratuite. Elle se justifie par les gênes, par la transmission familiale, par l’environnement de mort et de purin. Jean-Baptiste Del Amo a traité son sujet avec finesse et complexité, quitte à ce que certains passages paraissent un peu longs. Mais comme c’est bien écrit ça passe tout seul en fin de compte.

Honnêtement, je ne me suis attachée à personne, pas même au petit Jérôme qui est la personne la plus innocente de l’histoire. La boue englue tout, même les sentiments.

Bon, sur cette note optimiste, je conclus en résumant très simplement : c’est un roman très sombre, dérangeant quant au traitement des animaux, mais très intéressant dans son côté Rougon-Macquart. Ca m’a bien plu !

Gallimard, 2016, ISBN 978-2-07-017969-5, 419 pages, 21€

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