« Le festin des fauves » de Dominique Maisons

71pfeamwmflUne soirée spéciale est sur le point de commencer. Chez Arnaud Delaunay, les convives déambulent masqués. Les hommes sont les prédateurs, les femmes les proies. Le maître de maison s’apprête à prononcer son discours d’inauguration quand il est pris de douleurs atroces auxquelles il succombe rapidement. Delaunay est mort, empoisonné.

Dans le même temps, au large des côtes françaises, un plongeur trouve dans les entrailles d’un navire sombrant dans les flots des bocaux couverts d’or. Ses soucis d’argent lui paraissent derrière lui… jusqu’à ce qu’il se rende compte que ces bocaux contiennent des restes humains.

C’est avec ces deux histoires que commence le roman, un polar passionnant qui va nous mener au cœur des services secrets français et des manigances des grands de ce monde.

Le commandant Rossi est chargé de mener l’enquête, accompagné de son second, Malic, et d’un crack de l’informatique, Jérémy. Le meurtre de Delaunay n’était pas une surprise, car Judex, un justicier qui se fait connaître sur le web, avait annoncé qu’il le tuerait à une heure précise en représailles des nombreux méfaits dont il s’est rendu coupable. Et l’organisateur des orgies masquées n’est que le premier sur la liste de Judex.

L’enjeu est énorme : les cibles sont connues, influentes, médiatiques, et le jeu mortel auquel se livre Judex risque de semer la panique dans la population. Il faut à tout prix l’arrêter et surtout taire au grand public l’ensemble de l’affaire.

Quelle réussite que ce roman ! L’auteur capte notre attention dès les premières pages pour ne plus nous faire lâcher. Il faut dire que l’intrigue est diaboliquement construite et qu’il se plait à dénouer les fils qui se trament au plus haut sommet des services de renseignements français. Cela donne une tessiture particulièrement riche à cette histoire qui mêle thriller sanglant et contexte politico-judiciaire. Un contexte pour lequel Dominique Maisons s’est visiblement documenté tant on s’y croirait.

Les personnages jouent aussi pour beaucoup dans la réussite de ce festin des fauves, notamment avec la sulfureuse Lucy, une jeune femme qui gagne sa vie en fouettant les hommes et autres joyeuseries sado-masochistes. Elle qui recherche sa compagne, disparue sans laisser de traces, et dont le chemin va croiser celui de l’enquête de Rossi.

Et ce qui est fascinant, c’est le mélange savamment équilibré entre le réalisme des renseignements français et des manigances de bureau et le personnage fantasmagorique de Judex, qui prend encore plus de force en s’élevant au-dessus de la mêlée. Il est franc, direct, intransigeant. Tel grand de ce monde a fauté, il doit payer.

Dominique Maisons n’est pas encore très connu dans la littérature policière et pourtant il n’a rien à envier à d’autres auteurs plus médiatisés. Je vous recommande vivement d’aller à sa rencontre.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Points, 2016, ISBN 978-2-7578-6369-5, 526 pages, 8,10€

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