« Chanson douce » de Leïla Slimani

_chanson_douce____pourquoi_faut_il_absolument_lire_leila_slimani___5213hqdefaultLisons peu mais lisons bien.

C’est ce que je me dis depuis que je suis maman et que cela met considérablement à mal mon rythme de lecture (le bonheur est ailleurs, bizarrement 🙂  ).

Donc en bon mouton que je sais être parfois, je me suis dit « tiens, tout le monde en parle de celui-là, il a l’air pas mal ». Et en plus, quelques jours plus tard, « tiens, il a eu le Goncourt, il faut vraiment que je le lise ».

Et voilà, j’ai pris le temps de le lire. Pour ceux qui ne savent pas, c’est l’histoire d’une nounou qui tue les deux gamins qu’elle garde. Le roman commence d’ailleurs comme ça. Après seulement vient la génèse de ce fait divers sordide dont l’auteure s’est réellement inspirée pour en faire son histoire.

Alors on apprend comme Miss Nanny est parfaite, comme elle vient délester la maman de ses plannings biberon – courses -cuisine, comme les enfants l’adorent et patati et patata. Et puis comme après tout, elle a tué deux enfants, c’est bien qu’elle a un grain. Alors on voit aussi comment elle prend petit à petit une place telle dans la famille que ça commence à devenir malsain.

Et là, vous vous dites que j’ai tout dit, que ça ne sert à rien de le lire ? Oui, c’est un peu l’idée. Mais de toutes façons les médias avaient déjà fait le boulot, qui aujourd’hui va ouvrir ce roman sans savoir de quoi il parle ?

Non, ce qui est intéressant ce n’est pas l’histoire, mais l’écriture. La façon habile dont Leïla Slimani nous fait entrer dans la tête de Louise, la nounou. Comment elle explore les méandres de la psychologie de ce personnage. Et puis la langue, c’est essentiel la langue, c’est ce qu’on attend d’un Goncourt, même s’il parle d’un fait divers, qu’il le fasse avec grâce. Et on se dit que si tout le monde en parle, c’est qu’il y a une bonne raison.

Et donc… je ne comprends pas. Pourquoi l’engouement, pourquoi le Goncourt.
C’est sympa, ça fait une bonne lecture dans les transports, ou entre deux biberons dans mon cas quand on a un peu la tête dans le pâté, là au moins c’est sûr qu’il n’y a pas besoin de connecter les neurones au max.
La psychologie de Louise n’est pas très travaillée. L’écriture est on ne peut plus banale.

De quoi vraiment dégoûter des prix littéraires et donner envie de se ruer auprès des « petites » maisons d’édition.

A noter tout de même, la pauvre Leïla Slimani n’y est pour rien. Son livre est agréable à lire et a sa place en librairie. Mais c’est tout le battage médiatique autour qui m’agace. Cela fausse le jeu alors qu’il y a beaucoup mieux chez nos libraires.

Gallimard, 2016, ISBN 978-2-07-019667-8, 227 pages, 18€

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4 réflexions au sujet de « « Chanson douce » de Leïla Slimani »

  1. Bon et bien ça s’est fait!^^ Ton avis me confirme que je n’ai pas trop envie de le lire pour le moment…peut-être un jour à la bibliothèque, si je tombe dessus…Et encore, ce n’est pas sûr!

  2. J’ai vu passer un commentaire qui disait que cela faisait longtemps que Gallimard n’avait pas eu de prix…
    Bon, pour moi, de toutes façons, le sujet est rédhibitoire ! Je passe mon tour sans regret donc.

A vous les micros !

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