« La Grand-Mère de Jade » de Frédérique Deghelt

003662564.jpgConnaissez-vous le concept de la Kube ? Vous commandez une box avec un livre mystère et des petits cadeaux (carnet, thé, marque-page, ça dépend des mois) et en fonction de vos envies du moment, un libraire choisit un livre pour vous.

Je ne sais plus ce que j’avais demandé mais toujours est-il qu’on a sélectionné pour moi ce livre, ce qui ne m’a pas paru un mauvais choix. J’ai déjà lu Frédérique Deghelt et le dernier dans lequel je m’étais plongée, L’oeil du prince, avait été un coup de coeur. Aussi, pendant cette période de congé maternité où il fait bon s’oublier dans un bon livre, me suis-je laissée tenter par La Grand-Mère de Jade.

Jade est une parisienne, pigiste, célibataire depuis qu’elle a quitté l’homme qui ne la comblait pas. Elle apprend que sa grand-mère a fait un malaise et que ses trois filles en profitent pour l’envoyer en maison de retraite, vite fait bien fait. Le père de Jade vit à des milliers de kilomètres de là et n’a guère son mot à dire.
Choquée par la décision de ses tantes, Jade décide d’aller chercher sa grand-mère la veille de son « déménagement » et de la ramener avec elle à Paris, où elles vivront dans son petit appartement.

Très vite, la complicité qui a toujours été la leur va s’épanouir. Et chacun va s’épanouir aussi. Jade comprend qu’il faut vivre sa vie sans se poser trop de questions, laisser aller les rencontres au lieu de se forcer à rentrer dans les cases de sa routine. Quant à Mamoune, elle se sent revivre auprès de cette jeune fille pétillante qui ne la considère pas comme un fardeau.

D’autant que pour Jade, c’est une découverte. Sa grand-mère n’est pas seulement une femme qui s’est mariée jeune, a eu 4 enfants et a consacré sa vie aux tâches ménagères. Elle a toujours gardé un secret dont personne n’a jamais rien su dans la famille : Mamoune était une dévoreuse de livres. Dès qu’elle le pouvait, elle se plongeait dans les grands classiques de la littérature, noircissant son « cahier de dépenses » de citations. Mais lire à cette époque était mal vu, c’était réservé aux classes supérieures, qui avaient le temps pour ces choses là. Lire quand on était de classe moyenne ou pauvre, c’était faire preuve de paresse.
Je ne dévoile pas grand chose, ces révélations arrivent très vite dans le roman. Ce sont elles qui vont rapprocher les deux femmes.

On retrouve des thèmes chers à l’auteure : la famille, les secrets, la force des liens familiaux. C’est traité tout en légèreté alors que les émotions sont profondes. Il se dégage aussi quelques idées philosophiques, pas du Nietzsche, rassurez-vous, mais des réflexions qu’on peut avoir quand on prend le temps de regarder les choses. Ses choix de vie, ses priorités, ses jugements…

Ce n’est pas le roman de Frédérique Deghelt que je préfère mais j’ai passé un bon moment. Les deux héroïnes sont attachantes, c’est frais, un peu naïf parfois mais ça fait du bien aussi. Ma Kube a donc tenu ses promesses.

Babel, 2012, ISBN 978-2-330-010607-7, 391 pages, 8,50€

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