« La Femme de l’Allemand » de Marie Sizun

51xhv8y0gol-_ac_ul320_sr190320_Nous sommes à Paris, dans les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale. Marion est issue d’une union très mal vue à l’époque : une femme française avec un soldat allemand. Marion ne sait pas grand chose de ce père, si ce n’est qu’il est mort en Russie. Pas de nom, pas de photo. Sa mère ne lui en parle pas. Tout juste sent-on que c’était son Amour et qu’elle ne compte pas refaire sa vie. Elle restera la Femme de l’Allemand.

Marion et Fanny, la mère, vivent tous les deux dans un petit appartement. Elles sont très complices. Fanny est volubile, elle parle haut et fort, même au cinéma. Et elle est terriblement belle. Marion la regarde avec admiration.

Pourtant, derrière cette joie apparente se cache une faille. Une faille que Marion mettra du temps à comprendre mais qui deviendra bientôt au centre de sa vie : sa mère est folle. En termes médicaux, elle est bipolaire. Mais pour Marion, c’est bien de folie qu’il s’agit. Ses phases maniaques sont aussi impressionnantes que ses phases dépressives.

Marion grandit dans ce contexte, avec ses grands-parents qui l’accueillent avec un immense plaisir mais qui refusent de voir leur fille. On pensait que ce n’était qu’à cause de l’Allemand au départ. Ils la prennent sous son aile et Marion est tiraillée entre les deux camps.

Nous n’avons que le point de vue de Marion, raconté à la deuxième personne.

Pourtant, tu sens déjà, quelque part, comme une ombre. Tu as le vague sentiment que quelque chose peut arriver : une idée comme ça, une inquiétude indéfinie.

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui me semble-t-il évoque avec beaucoup de justesse ce qu’est cette maladie. Totalement imprévisible, qui se déclenche de manière brutale et effrayante. L’inquiétude de Marion est palpable et contagieuse.
L’histoire de l’Allemand en toile de fond n’est finalement pas le principal sujet de l’histoire mais il vient l’étoffer intelligemment pour accroître la sensation de vertige de Marion. Elle ne comprend pas ce qui arrive à sa mère, ne sait pas d’où elle vient. Sa construction psychique de son enfance à ses 18 ans ne se fait pas sans heurts, mais c’est une fille forte et intelligente à laquelle nous nous attachons vite.

Sans être un coup de coeur, La Femme de l’Allemand est un roman qui m’a beaucoup plu à la fois pour son écriture et son sujet, traités tous deux avec délicatesse.

Le Livre de Poche, 2009, ISBN 978-2-253-12790-1, 282 pages, 6,50€

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2 réflexions au sujet de « « La Femme de l’Allemand » de Marie Sizun »

    1. C’est édifiant sur ce qu’est cette maladie, surtout à une époque où ce n’était pas traité comme aujourd’hui. Fanny a eu droit aux électrochocs ! Et c’est bien écrit, j’ai vraiment beaucoup aimé.

A vous les micros !

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