« La maladroite » de Alexandre Seurat

seurat-la-maladroitePremier roman, court et intense. Alexandre Seurat est parti d’un fait divers pour raconter le destin tragique d’une petite fille maltraitée par ses parents.

Il a choisi de faire suivre tour à tour les témoignages des différentes personnes qui l’ont connue : le corps enseignant, la grand-mère, la tante, la police…

Et on voit comment son entourage est passé à côté ou au contraire comment tout en sachant qu’il y avait anguille sous roche on peut être impuissant face au drame.

Car il y a la grand-mère, tenue à l’écart par sa fille et qui avait bien conscience que la petite Diana était une enfant non désirée sans pour autant imaginer le pire. Et il y a cette institutrice, qui a convoqué les parents, sollicité sa directrice, puis le médecin de l’école. Mais le médecin de l’école croit sur parole les parents qui expliquent que la petite est fragile depuis sa naissance, qu’en plus elle est maladroite, d’où les bleus.

Les parents qui fuient dès que ça sent la sapin. On déménage, on change de numéro de téléphone, on change d’école et hop, on recommence ailleurs.

Et puis il y a le frère, qui voit que sa soeur est traitée différemment, mais comme ça toujours été comme ça, ça nele choque pas vraiment.

C’est difficile de dire qu’on a beaucoup aimé un livre qui aborde un sujet aussi dur, violent et révoltant. Mais j’ai beaucoup aimé quand même. Parce que c’est traité avec délicatesse et pudeur finalement. Alexandre Seurat n’a pas cherché à faire pleurer dans les chaumières avec moults détails sordides. On voit surtout le jeu des apparences mené par les parents et par la petite Diana elle-même, qui a appris son rôle par coeur « Je me suis cognée », « C’est en jouant avec mon frère » etc.

J’étais un peu réticente au départ mais au final je ne regrette pas du tout cette lecture, que je vous recommande.

La brune au rouergue, 2015, ISBN 978-2-8126-0925-1, 122pages, 13,80€

challenge2015

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4 réflexions au sujet de « « La maladroite » de Alexandre Seurat »

    1. J’ai aussi été touchée et marquée par cette lecture, j’ai apprécié le fait que l’auteur ait choisi d’adopter un ton dépourvu de tout pathos. L’horreur des faits se suffit sans avoir besoin d’en rajouter.

A vous les micros !

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