« D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan

d-apres-une-histoire-vraie-de-delphine-de-viganOn ne peut pas dire que mes affinités avec les romans de Delphine de Vigan soient homogènes. J’avais adoré Rien ne s’oppose à la nuit mais No et moi m’a laissé un souvenir à peine existant.

Le résumé de D’après une histoire vraie m’intriguait. Delphine de Vigan y campe son propre rôle, une écrivaine qui a eu tellement après son précédent livre qu’elle est incapable d’écrire autre chose. Elle s’est totalement livrée en racontant l’histoire de sa mère bipolaire, a reçu un accueil si chaleureux de ses lecteurs que le succès la paralyse plus qu’il ne la transcende.

C’est à ce moment là qu’arrive dans sa vie L. Une femme qu’elle a rencontrée lors d’une soirée et avec qui elle s’est tout de suite entendue. Elle admire son élégance naturel, elle qui est tout le temps gauche et peu apprêtée. Et puis L. se soucie réellement d’elle, veut l’aider à écrire, passe chez elle boire un café, lui adresse un message tous les jours…

Delphine qui n’a pas une vie sociale très riche se laisse embarquer dans cette amitié exclusive, que L. maîtrise à tous points de vue. Et comme on le sait puisque la narratrice nous le dit dès le début, elle n’a pas vu le danger arriver.

Delphine-de-ViganCe roman se veut d’après une histoire vraie et il y a donc quelques détails qui rendent tangible la possible authenticité des faits. Il y a déjà le succès du roman sur sa mère, qui est une réalité indéniable. Il y a aussi l’évocation récurrente de son amoueux, François, qui est journaliste littéraire. Sa relation avec François Busnel est connue depuis longtemps. Après il y a quelques détails qui changent, par exemple elle a bien deux enfants mais pas des jumeaux. Quant au reste, je suis une lectrice qui prend les histoires comme elles viennent, démêler le vrai du faux ne m’intéresse pas des masses.

D’autant que le personnage de L. est forcément faux, ou alors Delphine de Vigan est une sacrée cruche, et je préfère la première option.

Honnêtement, le suspense psychologique qu’elle a mis en place avec cette fameuse L. est pas mal réussi. On se dit que oui, dans la vraie vie, il y a des gens capables de vous retourner le cerveau et de vous couper de tous vos amis sans jamais que vous en parliez à qui que ce soit. Mais moi ce qui me gêne, c’est quand on est censés croire que cette histoire arrive à Delphine de Vigan herself. Je ne crois pas que les écrivains soient des gens supérieurs en intelligence incapables d’être dupés, mais tout simplement à travers les interviews que j’ai vues d’elle, je ne trouve pas l’histoire crédible. Je ne la vois pas se faire manipuler à ce point.

Ensuite il y a ce souci du succès qu’elle n’arrive pas à surmonter. Disons qu’elle en parle très souvent et qu’au début on compatit, et ensuite on se dit, ou en tout cas moi je me disais « c’est bon, on sait que tu as vendu des milliers d’exemplaires, pas la peine de nous le rappeler à tout bout de champ ». Ce qui au début était de la modestie commençait à en manquer franchement.
Et puis pour moi écrivain c’est un talent, pas un métier. Si tu ne sais plus faire, tu fais autre chose. Donc j’ai eu un peu de mal à m’identifier au personnage.

Et puis finalement, j’ai trouvé assez soûlant ce débat sur le fait que lecteur veuille du vrai. L. veut à tout prix que Delphine se raconte, qu’elle oublie la fiction, et elle lui plaque plein d’interdits, étouffant son enthousiasme quand elle pense tenir une idée. Non, il faut la VERITE ! Et ce débat stérile revient tout le temps. Moi qui adore la fiction, j’ai trouvé cette question totalement inutile et stupide. Soit on lit un témoignage, soit on lit de la fiction. Les entre-deux, je te fais croire que c’est vrai mais non, ça m’agace.

Et pourtant je ne m’aventurerais pas à dire que ce roman est mauvais, car il ne l’est pas après tout. Je pense au contraire en prenant de la hauteur qu’il est pas mal, bien construit, bien écrit. Mais comme je ne l’ai pas trouvé crédible (même la fiction doit être crédible, n’est-ce pas?), je n’ai pas réussi à vraiment rentrer dedans, d’autant plus qu’il y a parfois des longueurs. En tout cas je pense que lui avoir donné le Prix Renaudot est exagéré.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

JC Lattès, 2015, ISBN 978-2-7096-4852-3, 479 pages, 20€

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2 réflexions au sujet de « « D’après une histoire vraie » de Delphine de Vigan »

  1. J’ai emprunté ce livre à mon travail mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire car j’appréhende un peu ^^. Ton avis ne fait que confirmer mon doute^^.

A vous les micros !

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