« Retour à Watersbridge » de James Scott

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coup de coeurLa famille Howell vit dans une ferme des Etats-Unis, fin 19è siècle, à l’écart des autres, si bien qu’il faut des heures de marche avant de rejoindre une autre habitation. Le couple a plusieurs enfants, filles et garçons. Chaque année, Elsphet part de longs mois accomplir son métier de sage-femme. Alors qu’elle revient, faisant son chemin dans la neige, elle ne s’attend pas au désastre qui l’attend. Toute sa famille est morte, assassinée à coups de fusil.

Seul Caleb a survécu, lui qui a toujours eu du mal à vivre dans la maison et s’est toujours senti mieux dans la grange, proche des animaux. C’est ce qui l’a sauvé.

Tous deux sont anéantis par cette épreuve mais décidés à obtenir vengeance. Caleb a pu voir les assassins et leurs visages sont gravés dans sa mémoire. Lui et Elsphet se mettent en route dans le froid, fatigués et affaiblis.

Le récit démarre lentement, l’auteur s’attardant sur les prémisces de ce voyage. Puis le rythme s’accélère peu à peu jusqu’à gagner une atmosphère de western lorsque la mère et le fils atteignent la ville. Là ils doivent se fondre dans la masse en attendant que les assassins apparaissent.

Cette partie est de loin la plus intéressante. Il se passe beaucoup de choses, tant du côté d’Elsphet, qui trouve un moyen surprenant pour qu’on ne la reconnaisse pas, elle qui connait cette ville et a de toute évidence quelque chose à cacher, que du côté de Caleb, qui se met à travailler dans l’auberge la plus mal famée du coin. Tous deux attendent le moment d’accomplir leur vengeance et le lecteur avec eux, lui qui soupçonne peu à peu les raisons du massacre à la ferme.

L’atmosphère est subtilement travaillée, l’auteur a su donner une consistance épaisse au contexte qu’on visualise et ressent intensément. Les personnages subissent le même traitement, si bien qu’on les apprécie ou qu’on les déteste, mais qu’ils ne laissent en tout cas pas indifférents.

En définitive, il faut passer le cap des premières dizaines de pages qui mettent le récit en route mais alourdissent l’histoire. Une fois Caleb et sa mère sortis de la ferme, cela devient passionnant. Retour à Watersbridge est une excellente découverte, et même un coup de coeur.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Points, 2016, ISBN 978-2-7578-5797-7, 449 pages, 7,90€

challenge polar

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6 réflexions au sujet de « « Retour à Watersbridge » de James Scott »

  1. Si l’intrigue de départ était très prometteuse, je me suis un peu lassée par la suite : des scènes qui se répètent, des digressions qui semblent parfois nous éloigner du but à atteindre. Le roman est pourtant très riche, la plongée historique intéressante, mais ces répétitions sont un frein au rythme du récit.
    J’avais été un peu déçue.

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