« Six jours » de Ryan Gattis

71i1bWWf0KLjoli-coeurRepéré dans le magazine Lire, j’avais noté ce titre sans être sûre que l’histoire me plairait. Mais en le découvrant posé sur une étagère de la médiathèque (étonnant pour un livre de la rentrée littéraire, généralement il faut réserver et attendre des semaines), j’ai eu envie de lui donner sa chance.

Et une fois commencé, j’ai eu du mal à le lâcher.

Résumé de l’éditeur :

29 avril-4 mai 1992.
Pendant six jours, l’acquittement des policiers coupables d’avoir passé à tabac Rodney King met Los Angeles à feu et à sang.
Pendant six jours, dix-sept personnes sont prises dans le chaos.
Pendant six jours, Los Angeles a montré au monde ce qui se passe quand les lois n’ont plus cours.
Le premier jour des émeutes, en plein territoire revendiqué par un gang, le massacre d’un innocent, Ernesto Vera, déclenche une succession d’événements qui vont traverser la ville.
Dans les rues de Lynwood, un quartier éloigné du foyer central des émeutes, qui attirent toutes les forces de police et les caméras de télévision, les tensions s’exacerbent. Les membres de gangs chicanos profitent de la désertion des représentants de l’ordre pour piller, vandaliser et régler leurs comptes.
Au cœur de ce théâtre de guerre urbaine se croisent sapeurs pompiers, infirmières, ambulanciers et graffeurs, autant de personnages dont la vie est bouleversée par ces journées de confusion et de chaos.

D’habitude, je fuis les histoires de gangs, de mafia, de crime organisé en somme. Mais là, je me suis d’emblée intéressée aux personnages, qu’on croise et qui reviennent.

Cela commence par Ernesto, frère de membres d’un gang, qui se fait passer à tabac alors qu’il rentrait du boulot. Le mec qui essayait de filer droit et rêvait de monter son restaurant. Sa soeur est d’abord dévastée puis vite révoltée. Il faut venger Ernesto. Et c’est là que commence l’histoire que nous suivons, au sein d’une ville à feu et à sang alors que les émeutes font rage.

Ce qui m’a beaucoup plu, c’est l’utilisation massive et colorée de termes propres à la communauté hispanique, que ce soit de la cuisine ou des insultes. Ils sont regroupés dans un glossaire. Les personnages racontent tour à tour leur point de vue sur les évènements dans leur propre langage, avec leurs sentiments et leurs analyses.

Et puis il y a les personnages eux-mêmes, étonnamment attachants ou au contraire répugnants. Qui ne laissent pas indifférents en tout cas.

J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ces jeunes de quartiers défavorisés, qui sont tombés dans le dilemme qui semble inévitable « tuer ou se faire tuer ». C’est un roman très réussi, maîtrisé et très agréable à lire malgré sa thématique sombre.

Je pense qu’il est passé inaperçu dans cette rentrée littéraire 2015, ou du moins qu’il n’a pas eu la visibilité qu’il mérite. En tout cas je vous le recommande chaleureusement.

Fayard, 2015, ISBN 978-2213686318, 432 pages, 24€

challenge2015challenge-un-pave-par-mois

Publicités

8 réflexions au sujet de « « Six jours » de Ryan Gattis »

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s