« Plus doux que la solitude » de Li Yiyun #Rentrée littéraire 2015

51wHFZOay2LRuyu, Boyang et Moran se sont connus dans leur jeunesse, à Pékin. Les deux derniers ont grandi ensemble, leurs parents voyant pour eux un avenir amoureux. Ruyu est arrivée plus tard, de la campagne. Orpheline, elle fut élevée par ses grands-tantes qui l’envoyèrent à la ville chez de la famille éloignée. Un couple avec une adolescente, Shaoai. Plus âgée que Ruyu, révoltée, elle n’a pas rendu la vie facile à Ruyu, une étrange jeune fille qui n’a jamais eu besoin d’aimer ni d’être aimée. Elle accepte ce qu’on demande d’elle sans rechigner, ne demandant en retour qu’à ce qu’on la laisse tranquille.

Boyang et Moran l’ont intégrée dans leur cercle sans que Ruyu n’exprime jamais une quelconque joie ni reconnaissance. Boyang en est pourtant tombé amoureux, le charme du mystère a opéré.

Plusieurs années plus tard, chacun a suivi sa propre route. Boyang est resté en Chine tandis que Ruyu et Moran ont saisi l’opportunité de partir aux Etats-Unis. Les trois amis se sont séparés mais restent liés par un drame, celui qui a touché Shaoai, empoisonnée peu de temps après l’arrivée de Ruyu. Personne ne sait exactement ce qui s’est passé, ni pourquoi. Le lecteur en apprendra davantage à mesure que les personnages se dévoilent.

Bien que Li Yiyun vive aux Etats-Unis depuis vingt ans et qu’elle ait écrit ce roman en anglais, la signature asiatique est indéniable. Le récit est lent, presque laborieux, et les personnages restent prisonniers d’un voile de pudeur qui laisse peu de place aux émotions. Non pas que tous les romans asiatiques se ressemblent mais ce type de personnalités qu’on arrive peu à cerner est souvent récurrent. Paradoxalement, le contexte est dense. Si bien qu’on peut définir la biographie des personnages, leur attribuer des événements et épreuves, mais la dimension émotionnelle reste pratiquement vierge, excepté pour Boyang. Moran et Ruyu se sont mariées sans amour, tout juste de l’affection. Elles n’ont jamais voulu d’enfant, ni de famille. On se sent peu proches d’elles.

Au final, nous suivons ces personnages sans empathie. Au mieux avec curiosité. Même le mystère de l’empoisonnement de Shaoia perd de son attrait. La belle écriture de l’auteure a au moins le mérite de rendre agréable la lecture de ce roman déroutant.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Belfond, 2015, ISBN  978-2-7144-5107-1, 349 pages, 21€

challenge2015

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