« Sibir : Moscou – Vladivostok » de Danièle Sallenave

E41n7CBwKSqLn 2010 a été organisé un Transsibérien des écrivains, voyage au cours duquel une poignée d’auteurs français se sont arrêtés à différentes étapes de cet axe ouest-est sibérien. Il s’agissait d’organiser des rencontres littéraires entre Français et Russes, pour des échanges autour de la culture littéraire avant tout et d’autres sujets selon l’atmosphère du moment. Et aussi de découvrir la Sibérie.

Danièle Sallenave a recueilli ses impressions sur ces rencontres et étapes pour former le livre présenté ici. Cette femme est indubitablement attirée par la culture et la littérature russe, car c’est déjà son sixième voyage sur ces terres (si mes calculs sont exacts). En commençant ce récit de voyage, le lecteur a hâte de pénétrer avec elle les terres isolées de Sibérie à la rencontre de ses habitants.

Mais finalement, le récit est décevant. Bien que suivant un ordre chronologique, les descriptions sont décousues. Les visites sont souvent racontées rapidement, il y a peu d’anecdotes avec les gens du cru. Le lecteur ne parvient pas à se faire une image précise de ce que Danièle Sallenave a rencontré sur place. En revanche, nous apprenons beaucoup de faits historiques que l’auteure évoque longuement au cours de ses étapes. Le souci étant qu’il est difficile de les accepter comme faits historiques, ce sont plutôt des visions de l’Histoire deDanièle Sallenave, qui donne son avis sur tout même quand ce n’est pas souhaitable. Au lieu de s’ouvrir à ce qu’elle voit et accepter les choses pour ce qu’elles sont, elle juge de la qualité des repas, des nouveaux bâtiments moches, de choix qu’elle n’approuve pas, etc. Il y a une certaine condescendance dans sa façon de voyager qui ne donne pas envie de connaître son ressenti sur le pays.

C’est aussi un récit très auto-centré. Un récit de voyage est certes une expérience, mais avant tout une expérience d’ouverture au monde et aux autres. L’auteur parle de ses compagnons de voyage avec leurs initiales, ce qui les déshumaniserait presque. Quelle surprise de constater en fin d’ouvrage que M.d.K est en fait Maylis de Kerangal, et que Patrick Deville ou encoreSylvie Germain faisaient aussi partie du voyage ! Ces personnages secondaires n’étaient donc pas que des initiales !

Finalement, malgré les efforts de l’auteure pour montrer son attachement au pays, à la culture russe et au dépaysement des voyages, nous avons l’impression de lire le récit d’une femme du monde qui essaie d’être bourlingueuse mais n’y arrive pas. Son étalage de culture, notamment avec ses références littéraires ronronnantes, s’apparente plus à celle qu’on tartine comme de la confiture qu’à une réelle envie de communier avec le lecteur.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Folio, 2015, ISBN 978-2-07-046516-3, 366 pages, 7,50€

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