« L’appel du mort » de John Le Carré

41pcKto0lRL11238231_10206786263726217_5437983207844497190_nLa physionomie de George Smiley ne donne pas à penser que nous avons affaire à un membre des services secrets britanniques. Tout chez lui rappelle le crapaud. Pourtant, son esprit est bien plus affûté qu’il n’y parait. L’habit ne fait pas le moine, n’est-ce pas ?

George Smiley avait rendu visite à Samuel Fennan, suite à une lettre anonyme qui dénonçait ses penchants communistes. A l’époque à laquelle se passe le roman, la deuxième guerre mondiale est encore une affaire récente et la guerre froide en est à ses prémices, d’où l’importance de la dénonciation. Mais Smiley avait assuré à Fennan qu’il n’avait nul besoin de s’inquiéter et ce dernier parut immédiatement rassuré. Comment se fait-il dans ce cas que quelques jours plus tard, Fennan s’est suicidé en laissant une lettre disant qu’il ne supporterait pas la honte lorsque ses sympathies politiques seraient connues ?

Cela ne tient pas la route. Smiley ne croit pas au suicide et est bien décidé à connaître la vérité, quitte à se mettre sa direction sur le dos.Il trouve un allié en Mendel, qui part à la retraite dans trois jours et n’a donc plus rien à perdre. Il se trouve qu’effectivement, il y a anguille sous roche. La veuve est bizarre, un mystérieux coup de fil ne l’est pas moins, et plus l’enquête avance, plus les fils sont emmêlés. Jusqu’au dénouement final.

Publié pour la première fois en 1961, L’appel du mort tient plus du roman détective que du roman d’espionnage, genre qui fait la renommée de John Le Carré. Il y a un mort, un meurtre déguisé en suicide, des soupçons et une enquête. Les personnages ne sont pas particulièrement fouillés pas plus que les décors. Seule, compte l’intrigue.

Au final, ce roman se lit comme un polar de vacances. Rapidement, sans se torturer les méninges et sans se perdre dans des descriptions interminables. Et surtout, ça se lit avec plaisir car l’intrigue est suffisamment riche en rebondissements pour donner envie de connaître la suite. L’histoire elle-même est d’ailleurs très bonne. Il faut simplement le voir comme une oeuvre de jeunesse, dans laquelle la patte John le Carré n’a pas encore atteint la maturité qu’on lui reconnait aujourd’hui.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Folio policier, 2015, ISBN 978-2-07-041032-3, 229 pages, 7€

challenge polar

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