« So phare away » de Alain Damasio

61tqgaHej+LNouvelles extraites du recueil Aucun souvenir assez solide (Folio SF n°474)

Alain Damasio a cette faculté de nous plonger dans un univers fantastique, onirique, surréel. C’est un écrivain à part dans le milieu de la SF, et on se souvient des personnages fabuleux que nous avons accompagnés dans La horde du contrevent. Son écriture est l’écrin qui renferme les bijoux de son imagination.

Dans les trois nouvelles de cet ouvrage, nous retrouvons la patte Damasio. Mais le hic, du moins en ce qui me concerne, est que je suis passée à côté. Pour le coup, je dirais que l’auteur a eu beaucoup trop d’imagination pour mon cerveau qui a un minimum besoin de palper les choses pour pouvoir les comprendre.

Dans Annah à travers la Harpe, le narrateur veut retrouver sa fille décédée et doit pour cela traverser un océan en affrontant des épreuves technologiques. Il semble que l’auteur veuille dénoncer l’enfermement lié aux technologies, qui éloignent les humains plutôt qu’elles ne les rapprochent. Mais je ne suis pas sûre de mon interprétation.

La nouvelle la plus longue est So phare away. Au départ, il y avait les pharistes, qui habitaient les quelques phares dont l’usage était celui que nous connaissons. Puis à mesure que les marées submergeaient les terres, de nouveaux phares ont vu le jour, encore et encore, si bien que la ville est divisée en plusieurs strates, les phares placés le plus haut étant ceux de l’élite. Les habitants des phares communiquent avec leurs lumières, mais plus il y a de phares, plus les communications se croisent, et le message se brouille. Trop de communication tue la communication. Dans cette histoire nous suivons particulièrement deux personnages, qui vivent une histoire d’amour nécessairement particulière dans un tel contexte. Cette nouvelle est délicate et poétique, tout en possédant une force indéniable. Ceci dit j’ai personnellement mis un peu de temps avant d’y rentrer pleinement.

Aucun souvenir assez solide clôt ce recueil de nouvelles. Elle est aussi courte que percutante, racontant la plongée volontaire d’un homme dans le coma pour pouvoir retrouver la femme qu’il aime.

Finalement, ce sont de très jolies histoires, bien racontées comme on pouvait légitimement s’y attendre. Je dirais que pour les apprécier à leur juste valeur, tout est question d’état d’esprit. Il faut être prêt à se laisser porter par le courant sans chercher à s’accrocher à des éléments tangibles. Je prendrai donc le temps de relire cet ouvrage le bon moment venu.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Folio 2€, 2015, ISBN 978-2-07-046221-6, 103 pages, 2€

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