« L’allée du Sycomore » de John Grisham

l-allee-du-sycomorejoli-coeurEn 1988, dans les Etats du sud des Etats-Unis, la ségrégation raciale est terminée. Dans les textes du moins, car dans les esprits, on est loin du compte. En effet, à Clanton, dans le Mississippi, un évènement va réveiller les animosités entre blancs et noirs.

Seth Hubbard, un homme blanc et riche, décide d’aller se pendre un beau dimanche au sycomore de son domaine. Le vieil homme n’a pas agi sur un coup de folie. Il a tout prévu, allant jusqu’à envoyer la veille un courrier à un avocat de la ville pour lui transmettre son ultime testament dans lequel il déshérite ses descendants pour qui il n’a que mépris au profit de sa femme de ménage noire.

Dès que la nouvelle se propage, les réactions ne se font pas attendre. Jake Brigance est l’avocat à qui Seth Hubbard a confié son testament et à qui il a demandé de le défendre, sachant d’avance que ses enfants poursuivraient une action en justice. Et il n’avait pas tort. En réalité, c’est toute la ville qui est en effervescence.

Dès lors, c’est branle-bas de combat. Il faut préparer sa défense, prouver que non, la femme de ménage n’était pas la maîtresse de Seth, que oui, il avait toutes ses facultés mentales. Ne pas céder face aux intimidations. Il faut choisir les témoins, chercher la moindre faille susceptible de faire s’écrouler son argumentation. Tout prévoir, ne rien oublier, ne pas surestimer les témoins, ne pas sous-estimer les avocats adverses, savoir jauger la température de l’opinion publique…

Pour mon premier Grisham, c’est une réussite totale. J’ai adoré, si bien que j’ai fait exprès de traîner sur ma lecture pour le plaisir de ne pas la quitter. L’auteur nous jette dans ce qu’est une bataille judiciaire, avec tout ce que cela comporte de calculé et de factuel, mais avec derrière tout cela l’ambiance raciste, disons le mot, qui régnait à l’époque (hmm, et encore aujourd’hui, entendons-nous) et qui pouvait influencer les décisions de justice. Car après tout, Seth Hubbard a laissé un testament et cela devrait être point barre. Mais John Grisham nous prouve qu’il n’y a pas de point barre qui tienne, les avocats sont prêts à chercher très très loin pour invalider ce document.

Jake Brigance fait preuve d’un courage remarquable, il défend becs et ongles la volonté de son client. Quitte à ce que cela lui coûte cher.

Je ne peux que vous recommander cette lecture, l’histoire est très dense et parfaitement maîtrisée, c’est prenant, exaltant et même révoltant souvent, mais cela nous plonge véritablement au cœur de l’esprit du sud et c’est passionnant. Quant aux dernières dizaines de pages, quel coup de maître ! Bravo M. Grisham, c’est un énorme coup de cœur.

France Loisirs, 2015, ISBN 978-2-298-09566-1, 545 pages, 19,95€

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