« Le dernier gardien d’Ellis Island » de Gaëlle Josse

le-dernier-gardien-d-ellis-islandjoli-coeurAprès avoir accueilli des immigrants durant des dizaines et des dizaines d’années, le centre d’Ellis Island va fermer ses portes. John Mitchell, son directeur, prépare son départ. Il sait qu’il va devoir quitter son îlot, qui était devenu son univers, lui qui ne mettait que rarement le pied dans la ville de New York. Il sait qu’il ne verra plus ces bateaux chargés de gens venus d’Europe, avec pour seules possessions un simple bagage. Il sait qu’il ne recueillera plus les espoirs ni ne pourra plus les briser. Avec la fermeture du centre, c’est plus qu’une page qui se tourne.

Avant de partir définitivement, John entreprend de relater une sorte de confession, ou de mémoires. Ce que nous lisons, ce sont les mots qu’il couche sur le papier durant quelques jours. On y apprend tout de lui. Comment il est arrivé au centre. Comment il a rencontré Liz, la femme qu’il a tant aimée et qui lui a été arrachée trop tôt. Il nous parle de masses et d’individus. Comme Nella, cette sarde qui était comme une mère pour son frère malade.

Ce roman est né après  que Gaëlle Josse a visité le musée de l’Immigration sur Ellis Island. Errer entre les murs qui ont accueilli tant d’européens lassés, désespérés et meurtris l’a bouleversée et lui a donné l’idée de prendre pour point de départ un témoin privilégié de ces vagues d’immigration : le directeur du centre. C’est un personnage fictif, comme la plupart des autres acteurs de ce roman, même si le cas du dernier immigrant à avoir « séjourné » sur l’île est lui authentique.

J’ai énormément aimé ce roman, dont l’histoire colle parfaitement au style de Gaëlle Josse, et qui m’a fait le même effet que lorsque j’ai lu Les heures silencieuses. C’est une écriture calme, posée, réfléchie à travers laquelle transparaît énormément de mélancolie. Ses mots opèrent comme le va-et-vient de la marée, ils nous bercent et nous émeuvent en même temps.

John est un personnage touchant, qui a fait face aux malheurs comme il a pu, même si cela a été en s’enfermant dans les lieux qui lui rappellent ses bonheurs perdus et ses fêlures.

Si vous aimez les belles écritures et les vécus poignants, je vous le recommande chaleureusement.

France Loisirs, 2015, ISBN 978-2-298-09749-8, 174 pages, 12,99€

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18 réflexions au sujet de « « Le dernier gardien d’Ellis Island » de Gaëlle Josse »

  1. Rien qu’en voyant le titre et l’image je m’étais dit « aie, danger d’aller lire cette chronique »… et j’avais raison, un coup de coeur chez toi et une envie folle de noter…. je suis faible, je note !!

  2. Je pense qu’à ce jour c’est mon préféré cette auteur que j’aime énormément ! J’ai tout aimé d’elle, plus ou moins bien sûr et pour des raisons différentes mais celui-ci m’a bouleversée ! Je suis contente que tu aies été sensible à son écriture si…sensible justement et poétique ! 😉 Me reste à chroniquer Noces de neige, lu le mois dernier et après il me faudra attendre son prochain livre -*impatience* ! 😆

  3. Oh, il va falloir que je découvre ce roman ! Le titre est déjà très intriguant, mais en plus de ça ton billet me titille ! Je ne sais pas s’il sortira en poche mais en tous cas, je me le note dans mon carnet de livres à trouver 🙂

  4. Je l’ai lu cet hiver et j’ai beaucoup aimé! J’ai eu la chance de me rendre sur place il y a un mois et j’ai un peu retrouvé l’ambiance d’un livre décidémment trop court! 🙂

A vous les micros !

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