« La disparue d’Angel Court » (T30 – série Pitt) de Anne Perry

812Q3W3FH4LL’histoire prend place en 1898, alors que l’Europe est secouée par des tensions politiques : l’affaire Dreyfus en France, des révoltes populaires en Espagne… L’Angleterre craint que les tensions ne déteignent jusqu’à elle et accueille donc avec réticence une Anglaise qui vit depuis des années en Espagne, presque espagnole du fait depuis le temps, qui prêche des idées religieuses nouvelles et peut-être même dangereuses. Thomas Pitt est chargé de sa protection et doit constater son échec en apprenant qu’elle et deux de ses accompagnatrices ont été enlevées.

Le mobile de cet enlèvement est indistinct. Lui en veut-on pour ses idées ? Son passé cache-t-il un secret ? Faut-il chercher du côté des Anglais, ou plutôt du côté des Espagnols ? Autant de questions auxquelles devra répondre Thomas Pitt en menant l’enquête.

Il n’est pas forcément évident de rentrer pleinement dans l’histoire, car le rôle joué par Sofia Delacruz semble surestimé. Son discours soi-disant révolutionnaire et blasphématoire n’est pas ce qu’il y a de plus choquant, et même s’il faut replacer les événements dans leur contexte, difficile d’imaginer qu’elle puisse déchaîner les passions comme elle le fait dans ce roman. Cette première partie est traitée avec une pruderie niaise qui ne rend pas l’histoire alléchante.

Heureusement, la suite devient plus intéressante lorsque la véritable enquête commence. A mesure que le voile se lève sur certaines zones d’ombre, de nouvelles pistes apparaissent. Et là les personnages et leur histoire gagnent en consistance. L’intrigue démarre vraiment à partir du deuxième tiers du roman et on se laisse happer par l’enquête avec plaisir et curiosité.

Comme toujours, la valeur ajoutée des romans d’Anne Perry est le regard affûté qu’elle pose sur la société anglaise, avec sa bourgeoisie phallocrate et souvent hypocrite, où les bonnes manières cachent des pensées nettement moins policées. Dommage toutefois que cette dimension apparaisse moins que de coutume dans cet opus.

Trentième tome de la série, La disparue d’Angel Court bénéficie d’une édition spéciale avec une préface fort intéressante de l’auteur ainsi qu’un résumé des 29 autres aventures des Pitt, qui sont localisées et numérotées sur une carte de Londres. Sympathique initiative !

En somme, même si je n’ai pas autant savouré ce nouveau roman d’Anne Perry que d’habitude, cela reste un agréable moment de lecture avec des personnages qui font désormais partie de mon paysage littéraire.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

10/18, 2015, ISBN 978-2-264-06503-2, 352 pages,14,90€

challenge polar

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6 réflexions au sujet de « « La disparue d’Angel Court » (T30 – série Pitt) de Anne Perry »

  1. Le 30e ! J’en ai une bonne vingtaine d’exemplaires à la maison Mais je ne suis qu’au tome six ou sept… j’avais remarqué que tous les tomes ne se valent pas ! Il doit avoir vieilli Pitt ! 😆 me donnes envie d’en reprendre un…

    1. Je crois que des Pitt je n’en ai lu qu’un, mais comme mon homme en a lu beaucoup j’ai accepté le SP en me disant que ça lui servira 😉 Je crois que je préfère Monk quand même ;p

  2. Dans deux tomes j’y suis ! Par contre, je pense attendre sa sortie en poche pour le découvrir… en espérant que la préface et la carte seront aussi dans cette édition là.

  3. Je commence à accumuler le retard avec cette série ! Je crois que j’en suis restée au 26 ou 27ème. Il va falloir que je m’y remette.

A vous les micros !

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