« Sables noirs – 20 semaines au Turkménistan » de Troubs

51fVyvimhWLEn 2008, Troubs est contacté par le Centre culturel d’Achgabat au Turkménistan pour participer à un projet nommé Projet Prévert. Il consiste à proposer aux Turkmènes un recueil de poèmes du célèbre poète avec des illustrations d’un dessinateur local : Gurban. Après un premier séjour de deux semaines, Troubs décide de revenir plus longuement en 2009, afin de se consacrer au projet mais aussi pour mieux s’imprégner de la culture locale.

C’est ainsi qu’il découvre le Turkménistan et nous invite à partager avec lui ce qu’il y a vu durant vingt semaines. Ce que nous retiendrons principalement, c’est que le Turkménistan est une dictature. Le culte de la personnalité du chef de l’Etat est partout, notamment avec sa statue géante qui tourne au rythme du soleil sur un édifice massif en forme de fusée. Et comme souvent dans ces régimes politiques, la folie des grandeurs des élites côtoie la misère de la population. Le chômage atteint les 60%.

troubs-sables-noirs-20-semaines-au-turkmc3a9nistan-futuropolis-tripodeDiplomatiquement, Troubs constate que la situation est compliquée. D’un point de vue moral la France ne devrait pas construire des alliances avec le Turkménistan, mais les questions économiques demandent parfois qu’on laisse la morale de côté. Non seulement cela fait prospérer des entreprises françaises (Bouygues en est le gros exemple), mais surtout les Turkmènes ont besoin de ces investisseurs étrangers.

troubs-sables-noirs-20-semaines-au-turkmc3a9nistan-futuropolis-planche-2Culturellement, c’est un pays étouffé par la dictature. Les rares librairies qu’on trouve ne proposent quasi exclusivement que des ouvrages consacrés au chef de l’Etat ou rédigés par lui-même. Ce n’est qu’en tombant sur un libraire d’occasion dans un marché qu’il trouvera des textes que nous trouvons partout en France mais qui sont censurés au Turkménistan.

La partie la plus intéressante est mon sens est celle dans laquelle Troubs se perd dans le désert et va à la rencontre des populations isolées. Peu d’échanges sont relatés mais on ressent une vraie chaleur humaine modérée par la surveillance des autorités.

En bref, ce récit de vingt semaines est intéressant et éclairant sur ce pays que nous savons à peine situer sur une carte. Le bémol que j’apporterais se situe au niveau des dessins, aux traits trop rugueux à mon goût. Mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier ce récit qui m’a permis de mieux connaître le Turkménistan.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Futuropolis, 2015, ISBN 978-2-7548-0873-6, 112 pages, 18€

 

Publicités

3 réflexions au sujet de « « Sables noirs – 20 semaines au Turkménistan » de Troubs »

  1. J’ai l’impression que tu as davantage apprécié cet album que moi. Après, je me retrouve bien dans ta chronique : le propos est intéressant mais le dessin laisse le lecteur à distance. Ce que je trouve bien dommage

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s