« Thèse sur un homicide » de Diego Paszowski

51+-Cq9zI0LPaul Besançon est un jeune étudiant en droit, fils de bonne famille, qui peut se permettre de poursuivre ses études à Buenos Aires tout en logeant dans un bel appartement nettoyé trois fois par semaine par une femme de ménage. Il suit les cours de Roberto Bermúdez, un juriste connu intervenant à la télévision tous les samedis et qui se trouve être un ami de longue date du père de Paul.

Le simple rapport professeur/étudiant va être mis à mal par une question de Paul : imaginons le cas d’une femme qu’on retrouve morte, violée, avec à côté d’elle tel ou tel objet, s’il n’y a pas ceci ou cela, quel risque encourt l’assassin ? Bermúdez pense à une simple question juridique mais se demande si Paul n’a pas une autre idée derrière la tête, et lorsqu’une femme est retrouvée assassinée dans les circonstances décrites par son élève, le doute n’est plus permis.

Autant le dire tout de suite, il n’est pas évident de rentrer dans ce livre, à cause de la narration. Le maître et l’élève s’expriment tous deux en alternance, chacun son chapitre. Mais le style adopté pour raconter ce qui se passe dans la tête de Paul est particulier. C’est pour ainsi dire du copié-collé de Patrick Bateman dans American Psycho : de longues phrases (un chapitre de Paul = une phrase dans Thèse sur un homicide), beaucoup de virgules, descriptions des plats, des vêtements de marque, une frénésie de drogué. Ici la frénésie est axée sur le délire meurtrier.

A contrario, Bermúdez s’exprime avec calme et méthode. Jusqu’à ce qu’il se trouve pris dans l’engrenage et verse dans la même prose que Paul. Le style d’écriture peut donc rebuter mais au final, il est au coeur de l’histoire et lui donne du relief, c’est le troisième personnage de ce roman.

Quant à l’intrigue elle-même, c’est une réussite. Les cartes sont mises sur la table dès le départ et c’est désormais à chaque « joueur » de voir comment il va s’en accommoder au cours d’un face-à-face angoissant.

Voilà un roman court mais terriblement efficace, noir à souhait. De quoi donner envie de relire cet auteur.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

Points, 2015, ISBN 978-2-7578-4641-4, 189 pages, 6,40€

challenge polar

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