« 100 maisons – La cité des abeilles » de Delphine Le Lay, Marion Boé, Alexis Horellou & Bert

51Z3ub11SPLjoli-coeurEn 1950, la France subit les dégâts causés par la Grande Guerre. Beaucoup de citoyens ont perdu leurs biens, les villes sont défigurées, certains connaissent la misère. C’est le cas d’une famille et plus généralement d’un quartier de Quimper. Nous suivons surtout André et Victor, deux pères de famille vivant sous le même toit avec femmes et enfants. Il n’y a pas d’eau courante et les fins de mois sont difficiles. Tous aspirent à une vie meilleure, mais la réalité économique les rattrape au quotidien.

Jusqu’au jour où les deux hommes apprennent qu’un projet immobilier est en train de se monter à la périphérie de la ville. Il s’agit d’une initiative associative, qui vise à aider les volontaires à construire leur cité pour y vivre par la suite. Chaque famille devra mettre la main à la pâte et aider à la mesure de ses moyens : gardes la nuit pour surveiller le matériel, construction, transports, etc. Un projet qui permettra à des gens aux moyens limités d’accéder à la propriété et à des conditions de vie confortables dans un mouvement solidaire.

100MaisonsDelcourt-plancheentiere1C’est ainsi que nous voyons cette cité prendre forme sous nos yeux, avec de la sueur et des sacrifices. Mais surtout dans la perspective du lendemain, un lendemain dans lequel cent familles pourront enfin vivre de façon décente.

Plus qu’une bande dessinée, 100 maisons – La cité des abeilles est un documentaire salutaire. Et émouvant. Comment imaginer une telle solidarité à l’heure actuelle, où l’individualisation prône sur le collectif, et cela en dépit de l’illusion donnée par les réseaux dits sociaux ? Comment concevoir aujourd’hui que celui qui peut plus aidera celui qui peut moins, quitte à construire avec lui sa maison ? Il est réconfortant de savoir que cela a existé, et que soixante ans après des personnes vivent encore dans cette cité et perpétuent cet esprit de solidarité.

La personnalisation du projet à travers le focus sur quelques personnages rend le récit d’autant plus touchant. On voit véritablement la dimension humaine : les sacrifices au quotidien, les travailleurs consacrant leur temps libre aux travaux après le travail ; des semaines et des semaines en voyant à peine sa femme et ses enfants. Mais le jeu en valait la chandelle, et nous pouvons remercier Marion Boé, Delphine Le Lay et Alexis Horellou pour le partage de cette extraordinaire aventure humaine.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

Delcourt, 2015, ISBN 978-2-7560-4957-1, 144 pages, 14,95€

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Une réflexion au sujet de « « 100 maisons – La cité des abeilles » de Delphine Le Lay, Marion Boé, Alexis Horellou & Bert »

  1. L’histoire a l’air en effet d’être très belle, tu me donnes envie de découvrir cette BD! Je vais ouvrir l’œil et voir si je ne la croise pas à la bibliothèque!

A vous les micros !

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