« Le fils » de Philip Meyer

9782226259769gQuand s’annonce la rentrée littéraire, on ne peut s’empêcher de jeter un coup d’oeil aux romans qui sortent du lot. Ceux à côté desquels il ne faut surtout pas passer. J’en ai repéré quelques uns, et si j’ai su me montrer très raisonnable, j’ai quand même ouvert le porte-monnaie pour trois-quatre livres. Dont le fameux Fils, de Philipp Meyer.

Une fresque familiale qui s’étend sur quatre générations, depuis Eli jusqu’à Jeannie, son arrière-petite-fille. Un roman qui, à travers cette famille, revient sur la conquête de l’ouest américain et les conflits sanglants entre blancs, indiens et hispaniques.

C’est avec Eli que commence le récit. Très jeune, il voit sa mère et sa soeur se faire tuer sous ses yeux par des indiens. Lui et son frère sont capturés, mais ce dernier ne survivra pas. C’est ainsi qu’Eli est retenu captif au sein d’une tribu comanche. Esclave des femmes, il parvient néanmoins à montrer sa valeur auprès des hommes et les années passant, à s’intégrer.

En parallèle, nous suivons Peter, le benjamin des fils d’Eli. Peter a eu une vie contrariée. Écrasé par le charisme de son père, il n’a jamais vraiment réussi à s’imposer. Il n’aimait pas vraiment sa femme, n’était pas fier des agissements de ses fils, qui ressemblaient plus à leur grand-père. Un homme de coeur ? Ou un mollasson ? Quoi qu’il en soit, un homme assez ennuyeux qui ne m’aura pas franchement intéressée.

Et enfin, le dernier personnage qui nous suivons dans ce triple récit : Jeannie, l’arrière-petite fille d’Eli. Au début du roman, il est assez difficile de comprendre sa place dans cette histoire, à part celui d’être la descendante d’Eli. Mais au fur et à mesure, on voit le rôle qu’elle a tenu toute sa vie, celui de celle qui a su perpétuer la fortune et la gloire des McCullough.

Trois vies, deux qui m’ont globalement inintéressée, 673 pages. Autant vous dire que j’aurais pu mieux commencer pour découvrir la rentrée littéraire. Pourtant, il y avait de quoi faire. A commencer par le sujet passionnant de la conquête de l’ouest, au Texas en l’occurrence, opposant trois cultures, et je dirais même civilisations. Et si les personnages avaient été plus travaillés, plus passionnants, moins fades, la face de ce livre en aurait été transformée. J’ai aimé le fond, mais peu la forme. Le choix des récits entrecroisés est intéressant quand il permet des passerelles entre les différentes époques, et jette un éclairage nouveau sur ce qu’on sait à travers un des personnages. Si on peut un peu retrouver cela entre Eli et Peter, la partie Jeannie est à mon sens beaucoup trop isolée.

Et pour couronner le tout, la fin est décevante. Voire trop facile.

J’attendais beaucoup mieux. Et mon homme aussi, il l’a lu dans la foulée et en est ressorti tout aussi mitigé. Dommage.

Albin Michel, 2014, ISBN 978-2-226-25976-9, 673 pages, 23,50€

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17 réflexions au sujet de « « Le fils » de Philip Meyer »

  1. C’est un roman qui connait un joli succès sur la blogo, ton billet mitigé est à contre-courant de tous ceux que j’ai lu, c’est bien, je ne suis pas si curieuse que ça de le lire maintenant, ça m’arrange 😉 tant que j’y suis, je prends ton lien pour le challenge Un pavé.

    1. Et je ne comprends pas cet engouement, vraiment. C’est un bon roman mais pas de quoi le placer sur les plus hautes marches du podium non plus. Si tu avais des réticences à le lire, tu peux le laisser de côté sans regret. Bises Bianca !

  2. Dommage, je le lirai sans doute en décembre car je n’ai lu que les 60 premières pages en septembre et ai dû arrêter pris par d’autres lectures et cette année la rentrée littéraire me laisse assez « froid ».

    1. Il y a d’autres titres qui me tentent pas mal pour cette rentrée, j’espère que je serais davantage charmée par ces futures lectures que par ce roman de Meyer. J’espère que tu y prendras plus de plaisir que moi.

  3. Ah ben mince, moi qui me réjouissais de le lire vu tous les avis positifs glanés ici ou là. De toute façon, puisqu’il est dans ma pal, je vais pouvoir me, faire mon propre avis.

    1. Je crois que je suis la brebis galeuse du troupeau de lecteurs de ce roman ^^ Mais tant pis, on ne peut pas tout être touchés de la même façon après tout.

  4. Je l’ai noté chez quelqu’un, mais je ne sais plus chez qui… Malgré ton avis, je pense que je tenterai quand même si l’occasion se présente (pas tout de suite du coup…).

  5. Je suis dedans, donc, j’ai lu ta chronique avec une moue dubitative parce que ça me ferait mal de passer du mauvais temps dans les pages du livre. Pour le moment, ça me botte, donc, on verra au moment de rédiger ma chronique 😉

    1. Oui, tu verras. J’ai eu du mal à accrocher dès le début, seul le récit d’Eli parvenait à aiguiser ma curiosité. La suite ne m’a pas davantage emballée. Tant pis !

      1. Je constate que en effet, le récit d’Eli est le plus intéressant et la madame commence à me courir sur le haricot 😦 Là, je te rejoins si rien ne change.

        Le récit de Peter ressemble plus à des extraits d’agenda « Rentré maison »… :/ mais il ne me dérange pas comme celui de la gamine/dame âgée.

        1. Voilà, on est d’accord. Pour moi il y a deux récits de trop ! L’histoire d’Eli étoffée m’aurait largement suffi ^^

A vous les micros !

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