« Little Joséphine » de Raphaël Sarfati & Valérie Villieu

Joséphine C’est en parcourant les bacs à BD de ma médiathèque que je suis tombée sur cet album. J’ai vu que cela parlait du témoignage d’une infirmière, de la maladie d’Alzheimer et ai eu envie de tenter le coup.

L’histoire, c’est Valérie qui la raconte. Infirmière à domicile pendant une dizaine d’années en province, c’est à Paris qu’elle s’est rendue compte à quel point son travail pouvait avoir une importance sociale capitale pour les personnes âgées. A la campagne, il y a les voisins, les commerçants connaissent bien leurs clients etc. A la ville, et notamment à Paris, on peut vivre des années sans connaître ses voisins. On est un anonyme parmi d’autres.

Jospéhine vivait seule dans un mini appartement. Deux auxiliaires de vie passaient lui donner ses repas et deux infirmières, Valérie et sa collègue, lui donnaient ses médicaments matin et soir. Valérie s’est vite aperçue de graves dysfonctionnements dans la gestion du cas loin d’être unique de Joséphine. Les auxiliaires de vie notaient soigneusement le repas donné, mais quand Valérie venait le soir pour les soins, elle voyait que Joséphine n’avait pas touché son assiette et que visiblement cela ne troublait personne. On ne l’emmenait jamais se promener. On ne prenait pas soin d’elle, tout simplement.

PlancheA_171776Et il y aussi le souci de la tutelle. Selon la voisine, Joséphine a bien les moyens de vivre. Oui, mais sa chargée de tutelle a X dossiers à gérer, elle est débordée, si bien que Joséphine vit avec ses vieux vêtements élimés et n’a toujours pas les lunettes adaptées à sa vue qui l’empêchent de regarder la télé.

A côté de ces considérations pratiques et matérielles, il y a le monde de Joséphine. Elle perd la boule. Elle ne se rend pas compte des jours qui passent. Ses meilleurs amis sont deux animaux en peluche. Elle ne sait plus comment se laver, pense que son père est encore vivant… Il y a des jours où Joséphine est joyeuse et drôle, et d’autres où elle est apathique, ne sachant pas quitter son lit.

C’est de tout cela que Valérie rend compte dans son récit. Des difficultés face à l’administration, du manque de moyens destinés à l’aide aux personnes âgées, trop souvent livrées à elle-mêmes ou prises en charge par un personnel qui n’est pas formé pour. De la patience nécessaire pour trouver la porte qui va permettre d’entrer dans le monde du patient, pour créer un lien.

Si je n’ai pas trop aimé les dessins, j’ai en revanche beaucoup apprécié pouvoir rentrer dans la relation établie entre Joséphine et Valérie. Avec ses moments de partage et de complicité. Mais aussi avec ses désespoirs et échecs.

La boîte à bulles, 2012, ISBN 978-2-84953-148-8, 215 pages, 17€

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16 réflexions au sujet de « « Little Joséphine » de Raphaël Sarfati & Valérie Villieu »

  1. Déjà repéré, jamais noté mais très intéressée. Bon, je note cette fois-ci parce que tu as décidément toujours les mots pour convaincre 😉

  2. Je vais le chroniquer moi aussi prochainement. Il est intéressant, je trouve, dans sa façon de présenter l’accompagnement quotidien de la personne démente.
    Mais pour traiter de la maladie elle-même il y a mieux, je t’encourage vivement à trouver Ceux qui me restent, de Damien Marie et Laurent Bonneau chez Grand Angle. C’est juste parfait. Sublime.

    1. Cela aurait pu être un coup de coeur aussi si j’avais été davantage réceptif aux planches, mais décidément ce type de dessin a du mal à passer avec moi.

A vous les micros !

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