« L’oeil du prince » de Frédérique Deghelt

unnamed (4)coup de coeurJ’avais découvert Frédérique Deghelt avec La vie d’une autre. L’histoire de cette femme frappée d’amnésie m’avait peu convaincue, même si le style Deghelt avait su m’interpeller. L’an passé c’est Les brumes de l’apparence que j’ai eu l’occasion de lire, et ce roman m’a bien davantage séduite. Mais L’oeil du prince, c’est d’un tout autre niveau ! C’est sublime, majestueux, envoûtant, poignant, bouleversant… Cela faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas tenue éveillée à une heure où je suis déjà depuis longtemps dans les bras de Morphée.

Avant même de débuter la lecture, l’auteur sait titiller notre curiosité. En effet, lorsqu’on tourne les premiers feuillets du roman, on tombe sur cet arbre généalogique :

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Inévitablement, les questions se bousculent, certaines ramifications semblant plus qu’étranges, notamment celle reliant Mélodie à Hugo. Et comme L’oeil du prince est extrêmement bien structuré, sachez que vous aurez toutes les réponses à vos questions, mais doucement, dans un lent crescendo qui vous donnera envie de tourner les pages jusqu’à comprendre le fin mot de l’histoire…

Le roman est découpé en cinq parties. Chacune d’entre elles appartient à un des personnages présents dans cet arbre. C’est son journal, il/elle y raconte un instant de sa vie, un passage qui revêt une importance capitale dans la chaîne des évènements qui constitue l’histoire de cette famille.

On commence avec Mélodie, qui n’a encore que dix-sept ans. La jeune fille ne trouve pas sa place dans la famille dans laquelle elle est née comme par erreur. Une famille d’apparences, riche, qui cultive les amitiés pour donner belle allure à son jardin social. Mélodie, elle, est tout le contraire. Libre pensante, affranchie des conventions, elle ne pense qu’au cinéma et passer la nuit avec un pianiste de passage après quelques verres ne lui pose aucun cas de conscience. C’est une personnalité forte, qui écrit dans son journal avec une maturité étonnante. On s’attache à elle et la quitte à regrets.

Mais dès qu’une page se tourne sur un des protagonistes principaux, c’en est un autre qu’on apprend à connaître. Et immédiatement, la magie opère. Frédérique Deghelt leur fait prendre vie sous nos yeux, rend leur réalité et leurs pensées palpables. On regrattait Mélodie, mais ce Yann est lui aussi tout à fait intrigant et passionnant, on ne veut plus le lâcher. Jusqu’à ce qu’une nouvelle fois, une page se tourne…

Et quatre fois de suite, c’est la même chose. L’auteure nous précipite dans une histoire à part entière avec chaque personnage, une histoire passionnante qui éclaire petit à petit l’histoire de cette famille, tout en gardant une énorme part d’ombre qui nous tient en haleine. On se surprend à plusieurs reprises à revenir au début, pour regarder à nouveau cet arbre généalogique, les sourcils froncés. Mais comment… ? Et pourquoi… ? Mais alors… ?!

Et plus on avance dans l’histoire, plus l’enchevêtrement des destins peut se faire dans notre esprit. Ainsi, non seulement la structure est fabuleuse, dispersant les informations cruciales au bon moment. Mais en plus, les histoires de chacun sont éblouissantes, et profondément bouleversantes. Je suis sortie de cette lecture à la fois le coeur serré et des papillons dans le ventre. Que c’est bon une lecture qui chamboule !

Surtout quand elle est servie par une écriture aussi subtile et ciselée que celle de Frédérique Deghelt. Elle m’a bluffée. Chaque page est d’une beauté irrésistible.

Et maintenant, vous savez ce qu’il vous reste à faire 😉

REMERCIEMENTS : un grand merci aux Editions J’ai Lu !!

Editions J’ai Lu, 2014, ISBN 978-2-290-07217-2, 383 pages, 14€

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6 réflexions au sujet de « « L’oeil du prince » de Frédérique Deghelt »

  1. J’ai vu qu’Enna n’avait pas été convaincue mais ton coup de coeur donne envie et Mélodie me plaît déjà… Reste que je vais peut-être commencer par Les brumes des apparences… je ne sais pas !

    1. J’ai du mal à imaginer qu’on ne soit pas convaincu par ce livre, il faut que j’aille lire Enna ^^ Non franchement, j’ai adoré, bien plus que Les brumes de l’apparence. C’est à toi de voir 😉

A vous les micros !

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