La poésie du jeudi avec Charles Baudelaire

chromo-oiseau-couronnc3a9-ana-rosa1Les poésies du jeudi ont repris et j’ai loupé le coche les fois précédentes ! Cette fois je suis au rendez-vous avec ce poème de Charles Baudelaire qui parle du temps, du temps qui me fait défaut en ce moment et après lequel je cours en vain !

L’horloge

Horloge ! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit : ” Souviens-toi !
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d’effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible,

Le plaisir vaporeux fuira vers l’horizon
Ainsi qu’une sylphide au fond de la coulisse ;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote : Souviens-toi ! – Rapide, avec sa voix
D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,
Et j’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

temps-qui-passeRemember ! Souviens-toi, prodigue ! Esto memor !
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or !

Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup ! c’est la loi.
Le jour décroît ; la nuit augmente, souviens-toi !
Le gouffre a toujours soif ; la clepsydre se vide.

Tantôt sonnera l’heure où le divin Hasard,
Où l’auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le repentir même (oh ! la dernière auberge !),
Où tout te dira : Meurs, vieux lâche ! il est trop tard ! ”

D’autres poésies vous attendent chez Asphodèle !

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13 réflexions au sujet de « La poésie du jeudi avec Charles Baudelaire »

  1. Hello Natiora
    Quel pas gai ce Baudelaire 😆
    C’est tragique et beau.
    Mais je ne pense pas que le Temps gagne sans tricher… 😆
    Merci pour ce partage (je ne connaissais pas cette poésie)
    Bises de Lyon

  2. Tu cours après le temps du quotidien, un quotidien bousculé mais le Temps dont il est question ici avec la clepsydre qui se vide est bien plus effrayant c’est le temps qui passe, inéluctable et nous emmène vers la mort ! Un très beau poème, lucide et sans concessions, du Baudelaire ! 😀 Bises !

    1. Je sais bien Aspho, mon petit sort quotidien est bien moins important que ce fameux Temps qu’évoque Baudelaire, mais lorsque j’ai cherché le sujet de ma poésie de la quinzaine (c’est toujours comme ça que je m’y prends pour la trouver), je n’avais envie de parler que du temps, du temps qui fuit, qui s’enfuit, qui me rend folle !! Des bisous ma belle 🙂

    1. Mylène Farmer ? Je n’y aurais jamais pensé !! Ce n’est pas le type de voix que j’aurais associé à ce texte. Mais elle a au moins le mérite d’avoir fait connaître ce poème.

  3. Je ne connaissais pas ce poème de Baudelaire, il me fait un peu froid dans le dos et pourtant quelque chose de si réaliste s’en dégage, mais je préfère ne pas m’y attarder 😉
    Bises et belle semaine.
    Domi.

A vous les micros !

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