« Sept pépins de grenade » de Jane Bradley

61DG31iYNkLimg_0839-2Shelby Waters vient en aide aux familles qui subissent la disparition soudaine d’un être cher. Alors que la police abandonne parfois ses investigations faute d’éléments, Shelby et son association mettent tout en oeuvre pour tenter de retrouver les personnes disparues : fouilles sur le terrain, affiches, campagnes d’information… Quitte à ce que cela prenne des années.

C’est ainsi que la jeune femme est amenée à rencontrer Billy et Livy, le fiancé et la mère de Katy. Celle-ci est partie faire des courses et plus personne n’a jamais eu de nouvelles. Une fugue ? Pas bien le genre. Même si elle pensait encore à son ancien petit ami. Même si à quelques mois de son mariage elle s’était trouvée un amant. Qu’a-t-il bien pu lui arriver ?

Bien que le fin mot de l’histoire ne soit pas révélé tout de suite, le lecteur sait dès les premières pages qu’il s’est passé quelque chose : une mauvaise rencontre. Deux jeunes délinquants qui ont voulu se servir de la voiture de Katy pour faire un braquage. Un des deux, nettement plus dérangé que l’autre, semble lui avoir fait du mal. Mais jusqu’où est-il allé ? Tel est le mystère qui plane tout au long du récit.

C’est l’étrange paradoxe de ce roman. Il n’y a pas de suspense haletant puisque l’issue du roman nous semble très vite inéluctable. Et pourtant, le lecteur est tenu en haleine. Car nous assistons en parallèle aux recherches et aux questionnements des proches de Katy, ainsi qu’aux investigations de la police. Mais aussi aux agissements des deux délinquants, qui nous donnent des indices sur ce qui a pu arriver à Katy.

La force de cette histoire à mon sens est la psychologie des personnages. Entre Shelby qui cohabite avec le fantôme de sa soeur et a mis sa vie entre parenthèses pour se consacrer aux disparus et Livy qui tente de garder la tête hors de l’eau malgré la perte de sa fille, il y a déjà matière à donner consistance au roman. A cela s’ajoutent les destins des deux délinquants, celui du fiancé éploré, les collègues décontenancés etc. C’est une galerie de personnages très intéressante sur laquelle repose véritablement le roman.

En conclusion, Sept pépins de grenade est un roman assez dense dans lequel on assiste à tout ce qui entoure la disparition de quelqu’un (ceux qui savent, ceux qui espèrent, ceux qui doutent). Si on n’y trouve pas le suspense d’un pur roman policier, il a le mérite de proposer une approche originale qui change de ce qu’on a l’habitude de lire dans le genre. Une belle réussite.

Points, 2014, ISBN 978-2-7578-4312-3, 498 pages, 8€

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

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