« Saga » de Tonino Benacquista

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Un logo signé Céline !
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Lecture commune avec Stéphanie programmée

J’avais ajouté ce livre à ma PAL suite à une réunion du club de lecture lillois auquel je participais. Ma copine Céline nous l’avait proposé pour la lecture commune de la session suivante, mais il n’a pas été retenu. Ce n’est pas pour autant que je l’ai remisé aux oubliettes et il a vite atterri dans ma bibliothèque. Ceci dit il aurait pu y croupir encore longtemps si Stéphanie ne m’avait proposé de le lire ensemble.

Un patron de chaîne de télévision achète des films américains, des émissions étrangères etc, mais la loi le contraint à appliquer un quota obligatoire de Création française. Qu’à cela ne tienne, il engage quatre scénaristes peu reconnus ou carrément inconnus pour écrire les scénarii d’une nouvelle série télé. Ils ont le champ libre et peuvent raconter n’importe quoi, vu que cette série sera composée d’épisodes de 52 mn et diffusée entre 4h00 et 5h00 du matin. Autrement dit, une série pour se conformer à la loi mais dont on n’attend rien du tout.

Les quatre scénaristes s’entendent immédiatement et mettent du coeur à l’ouvrage pour imaginer une histoire se déroulant dans un décor minimaliste avec très peu de personnages (série budget minimum). Alors qu’ils se lâchent en écrivant ce qui leur passe par la tête, quelques retours enthousiastes de téléspectateurs commencent à arriver. Et au grand dam de la chaîne, la série Saga devient un véritable phénomène de société, qu’il faut reprogrammer en prime time.

Nous suivons donc à la fois l’évolution de la série, avec ses personnages, ses péripéties, ses phrases nues et ses quarts d’heure de vérité ; l’évolution de la place de série dans la chaîne de télé et dans la société ; et l’évolution de la vie personnelle de chacun des scénaristes, et plus particulièrement celle de Marco, qui est souvent le narrateur. S’ils ont tous les quatre la tête dans le guidon, c’est lui qui en pâtit le plus suite au départ de Charlotte, la femme qu’il aime mais dont il est incapable de s’occuper tant il est accaparé par Saga.

Ce roman joue donc sur plusieurs tableaux : l’intérêt intrinsèque de Saga et la place qu’elle occupe dans la vie de tout un chacun.

Si le rôle que peut avoir cette série dans le moral des français et dans la teneur des discussions de café est largement exagéré, il est tout de même comparable à certains phénomènes télés que nous avons connus : Loft Story, Dexter, Game of Thrones… Rappelons que ce roman date de 1997. On retrouve bien cette idée qu’une série ou un programme peut impacter sur la vie des gens et engendre des groupes communautaires. La dimension sociologique m’a donc particulièrement intéressée.

J’ai aussi beaucoup aimé l’ironie de la situation : une série télé créée pour meubler qui devient finalement LA série événement. Les pauvres scénaristes sans le sou sont placés sur un piédestal et détiennent entre leurs mains le pouvoir de vie ou de mort sur les personnages qu’ils ont façonnés.

La série télé en elle-même est assez étrange mais on s’attache vite aux personnages. Deux familles se cotoient sur le même palier, une mère célibataire à gauche et un père célibataire à droite. Ils ont des enfants, parmi lesquels une dépressive, un policier, une surdouée et un voyou. Avec cette situation initiale, on sait que le champ des possibilités est quasiment infini.

Ce roman a donc tout pour plaire ! C’est sans compter le MAIS. Et quel est-il ? Eh bien ce roman est trop long. Si je me suis beaucoup amusée au début, j’ai fini par me lasser de cette série ultra populaire qui devient carrément une question politique débattue au conseil des ministres. Je me suis fatiguée des scénaristes, surtout de Marco et de sa Charlotte évaporée dans la nature, des épisodes, de l’ampleur qu’a prise la série et la fin m’a semblée terriblement ennuyeuse et inutile.

Si jamais vous le lisez, sachez que les trois dernières parties Hubris, Les exilés et L’amour et la guerre sont parfaitement facultatives, l’essentiel du roman étant développé dans celles qui précèdent. Feuilletez juste les dernières pages des Exilés pour savoir ce qu’il est advenu de Charlotte. C’est juste un conseil au cas où vous avez passé un bon moment avec cette lecture mais que vous commencez à avoir envie de passer à autre chose 😉

Voyons ce qu’en a pensé Stéphanie.

Folio, 2003, ISBN 978-2-07-040845-0, 441 pages, 8,40€

Grand Prix des Lectrices de Elle 1998.

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19 réflexions au sujet de « « Saga » de Tonino Benacquista »

  1. C’est un peu le ressenti que j’avais eu aussi. Ça part très très bien, il y a des dimensions très intéressantes que tu as soulevé dans ta chronique mais c’est vrai que ça s’essouffle et que ça aurait pu être ecourté. Comme tu l’as dit c’est une lecture agréable MAIS!

  2. J’ai des Be,quista dans ma PAL mais pas encore commencé à les lire, par contre, lui, il n’y est pas et vu mon TAL, je vais aller voir ailleurs si je n’y serais pas 😉

  3. Tiens t’es lilloise ?
    Je ne connais pas cet aurez que je voulais découvrir avec Malavita, le sujet de celui-ci à l’air très sympa mais le mais laisse à réfléchir. Je commencerai donc par Malavita pour ensuite enchaîner par celui si j’accroche à l’auteur. Merci pour ton avis.

    1. J’ai été lilloise dix ans, mais je suis en Touraine maintenant 🙂
      Moi aussi j’aimerais me pencher sur Malavita, mais ce n’est pas dans mes priorités pour le moment. Cela viendra en temps voulu ^^

  4. J’ai préféré Malavita mais je me souviens avoir bien aimé celui-ci également pour ses côtés déjantés et drôles, avec , je l’avais noté aussi, un bémol pour le chapitre Hubris. Tu viens de me donner envie de lire à nouveau cet auteur malgré ta déception. Je crois me souvenir qu’il me reste des livres à lui dans ma Pal!

    1. C’est une découverte sympathique, j’ai beaucoup aimé malgré les longueurs. Ce n’est pas pour tout de suite mais je le relirai certainement.

  5. J’ai honte tu n’as pas idée. J’ai complètement oublié cette lc ! Vraiment totalement zappé…
    Bon tu es vraiment plus sérieuse que moi et je t’en félicite. Quand je me lancerai, je suivrais je pense ton conseil si je vois que je ressens la même chose sue toi pour la longueur.
    Encore pardon et merci pour ce billet !

    1. C’est pas grave Stéphanie, cela m’a permis d’éliminer un roman de ma PAL et de passer un bon moment de lecture, je ne suis pas du tout lésée ^^
      J’espère que tu apprécieras aussi !

  6. C’est souvent le cas avec les romans de Benacquista : ça part très vite et ça s’essouffle, avant de repartir vers la fin. Je fais le même constat que toi pour Saga, et le même pour Malavita et Quelqu’un d’autre…

A vous les micros !

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