« L’auberge de la Jamaïque » de Daphné du Maurier

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LaubergedelaJamaiqueRésumé : Orpheline et pauvre, Mary Yellan n’a pas d’autre ressource que de quitter le pays de son enfance pour aller vivre chez sa tante, mariée à un aubergiste, sur une côte désolée de l’Atlantique. Dès son arrivée à l’Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères. Cette tante qu’elle a connue jeune et gaie n’est plus qu’une malheureuse, terrorisée par Joss, son époux, un ivrogne menaçant. Aucun voyageur ne s’est arrêté depuis longtemps dans cette auberge… De terribles épreuves attendent la jeune fille.

Mon avis : déception.

J’ai connu Daphne du Maurier au collège, lorsque j’ai lu Rebecca. Cela avait été un coup de coeur. Puis au lycée j’ai lu Ma cousine Rachel. C’est un des romans qui m’ont marqué. Dans ces deux histoires, l’auteure met en place une situation initiale idyllique, avec amour, vie confortable, tout ce qu’il faut pour être heureux. Puis on se rend compte que derrière les apparences se cachent des secrets et de mauvaises actions. La psychologie et la manipulation occupent une part très importante. C’est extrêmement bien mené et oppressant. Plus tard j’ai lu La maison sur le rivage et je n’en garde aucun souvenir si ce n’est celui de ne pas avoir été spécialement déçue.

C’est donc avec enthousiasme que j’ai ouvert L’auberge de la Jamaïque, prête à me délecter d’une nouvelle aventure dumauriesque. Malheureusement, cette histoire m’a déçue de bout en bout.

Cela commençait pourtant pas mal. Mary vient de perdre sa mère et ne peut pas s’occuper de la ferme seule. Elle part donc rejoindre sa tante, dont elle garde un souvenir enjoué et heureux, qui s’est mariée avec le propriétaire d’une auberge. Mais la femme qu’elle y trouve n’est plus que l’ombre de ce qu’elle était. Elle vit toujours dans la crainte et la soumission à son mari, un rustre qui se livre visiblement à des activités illégales dans son établissement déserté par les braves gens des alentours.

Autrement dit, dès le départ, nous savons que Mary va devoir vivre dans un lieu malsain en mauvaise compagnie. Nous le savions déjà avant qu’elle n’y mettre un pied puisque le cocher qui l’y mène lui raconte ce qu’il sait sur l’auberge de la Jamaïque. Le suspense de ce côté là n’aura pas duré longtemps, ce qui n’est pas forcément un mal, mais cela change de ce que j’avais lu jusque là de Du Maurier.

Et après cela, je me suis ennuyée. Car le récit devient extrêmement monotone. Mary suspecte qu’il se passe quelque chose, elle espionne, suppose, puis comprend. Il n’y a pas d’effet de surprise, pas de retournement de situation. Il y a un secret et elle le découvre. Voilà en gros l’histoire.

A côté de cela on baigne dans une ambiance gothique qui frise le caricatural. Mary vit désormais près de l’Atlantique, dans la lande. La nuit est venteuse et humide. Elle se perd dans un paysage de désolation où la nature est hostile. Elle côtoie un vicaire albinos, qui le regarde avec des yeux clairs qui mettent mal à l’aise. Sa tante ressemble à un fantôme. Son oncle boit près du feu de la cheminée et les ombres dansent dans la pièce. Et gothique rime avec romantique, il y a donc une petite part de romance dans ce roman qui dénote complètement avec l’image de la brave Mary qui n’a pas froid aux yeux donnée au début de l’histoire. Pour moi, ce roman est desservi par une succession de clichés.

Ceci dit, je dois admettre que la fin rattrape un peu le coup. Même si le dénouement n’est pas vraiment surprenant, dans la mesure où on pouvait s’y attendre, Daphne du Maurier a tout de même tenté un effet de surprise. Mais il intervient trop tard et n’est pas assez percutant pour changer mon avis sur ce roman. Grosse déception.

Le Livre de Poche, 1975, 439 pages

New Pal 2014

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31 réflexions au sujet de « « L’auberge de la Jamaïque » de Daphné du Maurier »

  1. Ah dommage, jusqu’à présent je n’avais lu que du bien de Daphné du Maurier. Visiblement elle n’a pas écrit que de grands romans. Je n’ai pas encore lu cette auteur et je note que celui ci est à éviter.

  2. Je reconnais que l’intrigue est un peu facile mais je ne trouve pas le roman caricatural. L’ambiance sombre et lugubre me semble bien rendue et m’a beaucoup fait penser aux soeurs Brontë. Je le trouve très romantique au sens 19ème du terme. Je sens que tu ne vas pas relire du Maurier avant un moment !

    1. C’est peut-être parce que ça ne ressemblait pas à ce que j’avais précédemment lu de du Maurier. Si je lis un roman des Bronte je sais que je peux m’attendre à cette atmosphère et je me prends au jeu. Alors que pour L’auberge de la Jamaïque je m’attendais à un esprit plus 20è. J’ai l’impression que Du Maurier a écrit un roman qui ne lui ressemble pas, mais j’ai peut-être tout faux !

  3. Je pense que le prochain sur ma liste sera Ma cousine rachel parce que je n’en entends que du bien. Je viens de lire l’amour dans l’âme et j’ai parfois un peu cette impression de « platitude ». A mon avis, le meileur, c’est Rebecca.

  4. Apres en avoir lu plus de Du Maurier, je peux etablir maintenant mes preferences. L’auberge de la jamaique, je l’avais lu apres rebecca et en ce point, c’etait une erreur. Ils sont diametralement opposes meme si on a toujours la patte de Du Maurier. Comme toi, j’etais assez mitigee a la fin de ma lecture et un peu decue. Je poursuis neamnoins ma decouverte de ses oeuvres!

    1. Je ne m’avoue pas vaincue non plus, un échec sur trois, ça n’est pas bien grave 🙂 Le prochain dans ma PAL est Mary Anne, je n’ai plus qu’à espérer qu’il me plaise davantage que L’auberge de la Jamaïque ^^

  5. J’avais trouvé la fin bien avant qu’elle n’arrive et je me suis beaucoup ennuyé aussi. Dommage mais je retenterai sans hésiter avec un meilleur roman 🙂

  6. J’ai été un peu moins déçue que toi, j’ai notamment aimé les descriptions de la lande. Mais par contre, je n’ai pas particulièrement aimé le personnage de Mary ni son histoire d’amour.

    1. Moi non plus, c’était trop mièvre. Et le personnage de Mary est trop désuet pour l’époque de l’écriture. Mais je te rejoins sur le décor qui plante bien l’ambiance.

    1. On n’a pas le même ressenti selon les âges. Je n’ose pas relire Rebecca ni Ma cousine Rachel de peur de ne pas aimer autant que la première fois.

  7. Je passe mon tour pour celui-ci, alors : j’en ai repéré 2 autres de l’auteure pour poursuivre après « Rebecca » (coup de cœur absolu) :-). Merci pour ton avis sincère.

    1. Effectivement, mieux vaut passer ton chemin pour celui-ci, du moins tant que tu découvres l’auteure. Tu pourras y revenir plus tard si tu as vraiment envie d’approfondir sa bibliographie 🙂

  8. Je n ‘en garde pas un souvenir genial mais c’est quand même du Du Maurier dans ses thématiques et ses paysages!!! Et rien que pour ça je trouve qu ‘il est à lire quand même ;o)

    1. Je pense tout de même qu’il ne faut pas commencer par celui-ci, au risque d’être déçu et de ne pas avoir envie de relire cette auteure.

A vous les micros !

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