« Le chardonneret », de Donna Tartt

81TrlUodumL._SL1500_Je connaissais Donna Tartt de nom, mon homme m’ayant dit beaucoup de bien de son roman Le Maître des illusions, qui a d’ailleurs fini dans ma PAL. Lorsqu’on m’a proposé de lire son nouveau roman, Le chardonneret, je n’ai pas hésité une seconde.

Theo est un jeune new-yorkais qui vit avec sa mère, son père les ayant abandonnés lâchement du jour au lendemain. C’est un garçon normal, qui fait quelques bêtises à l’école mais rien de bien méchant. Sa vie bascule un jour, lorsqu’il se trouve dans le musée soufflé par un attentat. Sa mère est tuée sur le coup. Dans ce musée se trouvait une toile que sa mère adorait, Le chardonneret, un tableau qui suivra Theo toute sa vie.

Dès lors, nous suivrons Theo durant de longues années, au cours desquelles il sera ballotté entre sa famille d’accueil et la nouvelle maison de son père, ainsi que chez Hobie, un homme seul qui incarnera l’ami indéfectible et la figure paternelle qui lui a manqué.

Theo gamin, Theo ado, Theo adulte. Voilà le roman d’apprentissage auquel Donna Tartt nous convie. Celui d’un enfant qui grandit sans l’amour paternel, qui perd l’amour de celle qu’il chérissait, qui ne se trouve plus chez lui nulle part. Il lui faudra du temps avant de trouver sa place, malheureusement pas là où il aurait dû évoluer. Lorsqu’on est en marge, bien naturellement ce sont les marginaux qui viennent à vous. Le chardonneret ou comment le jeune Theo a appris la vie plus vite qu’il n’aurait dû.

Le roman s’ouvre d’ailleurs sur une prolepse, alors que Theo se trouve à Amsterdam, cloîtré dans sa chambre, apeuré. Que lui est-il arrivé ? Le déroulement de l’intrigue répond longuement à cette question, exposant petit à petit les tenants et aboutissants depuis le jour de l’attentat. Passionnant ?

Je ne vais pas vous mentir, cela faisait des mois que je n’avais pas mis autant de temps à lire un roman. Certes, c’est un joli pavé de près de 800 pages, avec une police relativement petite et serrée. Mais la vérité est que je n’ai pas réussi à entrer pleinement dans cette histoire. J’ai eu l’impression de suivre une série télé. Il y a des épisodes longuets, où il ne se passe rien, j’attendais le cliffhanger. Et puis ça y est, il se passe quelques chose qui relance mon intérêt. Puis on repasse à un épisode longuet.

Ma réticence se situe au niveau de l’intrigue. Je n’ai pas réussi à m’intéresser au destin de Theo. Est-ce parce qu’on le suit majoritairement quand il est ado, que ses préoccupations sont donc loin des miennes ? Je le pense, car j’ai nettement préféré la partie où on le suit adulte. Theo est pourtant un personnage atypique, au destin jalonné par les soucis de drogue, de mensonges, d’amours contrariés. Il est à la fois agaçant et attachant. Son entourage est aussi composé de personnages intéressants, tels que Boris, le sale gosse au grand coeur, Hobie, ou Mrs Barbour, la mère de famille bourgeoise qui a toujours adoré Theo.

Quand bien même je n’ai pas su entrer dans l’histoire comme je l’aurais souhaité, j’ai pris plaisir à lire ce roman pour la qualité d’écriture de l’écrivain. Car la grande qualité de Donna Tartt, c’est qu’elle sait planter son décor. Je garde de nombreuses images en tête : la chambre de Theo, les personnages rencontrés, les rues de New York… Tout est décrit avec minutie, beaucoup de détails (parfois même trop ceci dit) si bien qu’un dessinateur n’aurait aucun mal à faire une BD de ce roman sans avoir à imaginer ne serait-ce qu’un détail. Lectrice admirative des naturalistes, c’est une qualité que j’apprécie énormément chez les auteurs.

D’un point de vue objectif, Le chardonneret est un très bon roman. Extrêmement bien construit, suivant un but précis. C’est riche, truffé de thématiques intéressantes telles que l’enfance, le sentiment d’abandon, l’amour, la valeur de l’amitié, la drogue pour oublier etc. J’ai mis beaucoup de temps à vraiment m’intéresser à l’histoire, environ 500 pages, mais cela uniquement car je me sentais trop éloignée des préoccupations de Theo. Que cela ne vous rebute surtout pas !

Remerciements : merci beaucoup à Anne de m’avoir permis de lire ce roman !

Feux croisés PLON, 2014, ISBN 978-2-259-22186-3, 796 pages, 23€

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27 réflexions au sujet de « « Le chardonneret », de Donna Tartt »

    1. J’en suis consciente, j’espère que tu ne le démarreras pas avec un à-priori très négatif. Il est vraiment très bien écrit et l’histoire est bien fichue, le souci est simplement que je n’ai pas vraiment accroché à l’intrigue.

    1. Voilà, ça traînait trop en longueur parfois, d’où mon sentiment d’être en train de regarder une série télé. Même si j’ai apprécié l’effort fourni par l’auteure pour planter un décor palpable.

  1. Je n’aime pas les longues narrations ça risque de ne pas me plaire. J’ai tout de même envie de découvrir Dona Tartt dont tout le monde dit le plus grand bien, je pense que je lirais Le maître des illusions en premier. Merci pour ton avis sincère

    1. J’ai la plupart du temps une attitude de boulimique quand je lis, j’ingurgite, sauf quand l’écriture ou l’ambiance est telle que j’ai besoin de prendre le temps. Cela m’a décontenancée de prendre autant de temps à lire un livre. Comme toi, je lirai Le maître des illusions car le style Donna Tartt m’a bien plu 🙂

  2. Rahhh Donna Tartt ! On m’en parle beaucoup aussi. J’ai loué à la biblio « Le maître des illusions » mais je ne suis pas d’humeur en ce moment. Du coup, je l’achèterai plutôt quand je voudrais le lire (histoire d’ajouter un peu de pages à ma PAL). En parlant d’être admiratrice des naturalistes, je suis justement sur Zola en ce moment hihi !

      1. J’ai relu dernièrement « L’Assommoir » et là, je suis sur « Une page d’amour ». Deux univers complètement différents pour varier les plaisirs !

    1. Comme toi je n’ai rien contre les pavés, ça fait du bien de temps en temps de se laisser complètement envelopper par une histoire. Mais il faut que ce soit prenant. J’espère plus du Maître des illusions !

  3. je n’ai pas encore lue cette auteure et je commencerai par son premier roman. Pour digérer ces gros pavés il est vrai qu’il faut qu’il n’y ait pas de grandes longueurs sinon on s’ennuit.

  4. Natiora, ton billet me laisse la même sensation qu’à toi le livre: ta description de l’intrigue m’a emballée, puis ton commentaire sur le temps que tu as mis à lire ce pavé m’a un peu refroidie… pour retrouver mon enthousiasme en voyant que l’on suit Théo sur une longue période (contrairement à tes préférences et si, évidemment, c’est bien écrit, j’apprécie de suivre certains personnages dans leur adolescence pour les voir se construire petit à petit)… puis de nouveau, une déception en lisant ton commentaire sur les descriptions. Je t’avoue que, sur ce point, mes goûts sont opposés aux tiens: je n’aime pas beaucoup les longues descriptions qui, à mon sens, laissent peu de place à l’imagination du lecteur.

    Le bilan de ce long paragraphe? Mon avis est mitigé, je suis entre l’envie de lire Le chardonneret, et la crainte de m’ennuyer pendant la moitié du livre… Alors faisons un compromis: il va rejoindre ma liste, mais ne fera pas partie de mes priorités pour le moment!

A vous les micros !

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