« Se retenir aux brindilles », de Sébastien Fritsch

80780648_oJ’ai deux gros défauts. En tant que lectrice j’entends (en tant que personne on est loin du compte ^^).

1] J’ai du mal à aller vers des auteurs méconnus et les petites maisons d’édition. La faute en revient à certains ouvrages qui ont été publiés par je ne sais pas quel miracle et que j’ai eu pour corvée de lire pour les Chroniques de l’imaginaire. Je suis devenue très frileuse devant ce dont je n’ai jamais entendu parler. 
2] Je suis trop pressée. Quand je commence un roman, je pense déjà au suivant. Et quand j’ai du mal à lire un roman, je m’agace à l’idée de repousser ma lecture suivante. Je ne suis pas contente quand un livre ne me procure pas de plaisir. D’où mon défaut 1.

Voilà pourquoi j’ai tardé à lire Se retenir aux brindilles de Sébastien Fritsch publié l’an passé aux éditions Fin mars début avril

Présentation de l’éditeur : Inséparables, Ariane, Tristan et Matthias ont passé leur enfance à jouer avec leurs peurs. Au milieu des étangs de la Dombes ou dans les pièces vides d’un château oublié, ils cherchaient l’émotion, l’interdit, le danger. Trente ans plus tard, les frayeurs d’Ariane n’ont plus cette saveur plaisante de l’imaginaire : c’est un homme bien réel – un homme qu’elle a aimé – qu’elle fuit maintenant. Car si les enfants font de la peur un jeu, les adultes, eux, savent en faire une arme.

Mon avis : coup de coeur !

Commencé dimanche matin, je l’ai terminé lundi après-midi. C’est dire si j’ai aimé !

L’histoire commence mystérieusement. Ariane, la trentaine, se trouve dans sa voiture avec ses deux jeunes enfants. Elle a gagné le village de son enfance. Elle scrute les maisons, les noms sur les boîtes aux lettres… et retrouve Marthe, la voisine qui était devenue comme une deuxième maman lorsqu’elle était enfant.

Nous comprenons très vite qu’Ariane a fui Lille et son mari pour échapper à son mépris et à ses coups. Son instinct la pousse à se rendre dans les lieux heureux de son enfance, lorsqu’elle jouait avec Tristan et Matthias. Ils étaient inséparables, s’inventaient des jeux, s’aimaient beaucoup. Tristan était le chef de bande. Il inventa un jour une histoire qui n’avait pour but que d’affirmer son statut de leader qui en sait plus que les autres, mais cette histoire eut des répercussions terribles.

La construction de ce roman est fabuleuse. On apprend par étapes successives le présent d’Ariane, son passé lorsqu’elle avait huit ans, son  adolescence, puis ses vingt ans. C’est passionnant car tout est lié mais nous n’obtenons la vision globale de sa vie qu’à la toute fin. C’est un puzzle dans lequel les pièces s’imbriquent petit à petit, d’abord en haut à droite, puis en bas, et il y a cette pièce au milieu qui n’est encore reliée à aucune autre….

Je me suis attachée très vite à cette femme. A la gamine qu’elle était aussi. Et à toute la bande qui gravite autour.

Le style de Sébastien Fritsch est bluffant. J’ai lu ce roman comme un thriller, en tournant les pages sans pouvoir m’arrêter. Car il y a ce suspense qui nous tient dès le début, cette envie de savoir pourquoi Ariane a besoin de revenir sur les lieux de son enfance. Le récit est aussi dense, avec des sous-histoires, des secrets. Marthe qui est sénile, une voisine d’enfance oubliée, le petit Enzo qui comprend que sa mère va mal… Quant à l’écriture, je peux dire que l’auteur n’a rien à envier à des écrivains plus connus. Elle est fluide, maîtrisée, subtile…

Monsieur Fritsch, je regrette de ne pas avoir ouvert votre livre plus tôt, car vous m’avez enchantée ! Et désormais j’apprendrai à élargir mes horizons 😉

Remerciements : à Sébastien Fritsch pour l’envoi de son roman et sa belle dédicace 🙂

Fin mars début avril, 2012, ISBN 978-2-9537677-4-2, 327 pages, 18 €

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21 réflexions au sujet de « « Se retenir aux brindilles », de Sébastien Fritsch »

  1. Le livre à l’air bien. Mais pas sur d’être assez en forme pour lire une telle histoire … fuir Lille pour les Dombes (J’ai grandit pas loin 😉 ) … Je le note pour quand j’irai mieux 🙂

  2. De belles éloges comme quoi les livres passionnants ne viennent pas toujours, voire souvent, des grands éditeurs (ceux qui ont pignon, j’allais presque dire pognon sur rue)

    1. Il y a de tout, il faut avoir de la chance et bien tomber. Parfois c’est vrai que les moyens de telle ou telle maison d’édition lui permettent de faire un battage médiatique injustifié. Parfois c’est à raison. Et heureusement que le bouche à oreilles est là pour faire connaître les petites maisons d’éditions qui proposent des ouvrages de qualité.

    1. Tout à fait, comme parfois on attend beaucoup d’un livre et finalement, il n’est pas si bien que ça. Un livre c’est toujours une nouvelle surprise, bonne ou mauvaise, c’est aussi ce qui est bon dans la lecture 🙂
      Si tu le souhaites je peux te le prêter Jostein.

      1. Merci pour cette proposition. Je vais avoir un mois de janvier assez chargé. Mais je te fais signe quand j’ai un peu moins de lectures. Je ne voudrais pas te bloquer un livre trop longtemps.

    1. Lorsque je vais à la librairie je suis à la fois émerveillée et effarée devant le nombre de petites maisons qui existent. Émerveillée car il faut de la diversité et je suis heureuse de savoir que ces petites maisons arrivent à tenir face aux grandes. Mais effarée parce que j’aimerais acquérir des ouvrages chez toutes et que la tâche est ardue….

A vous les micros !

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