« Les années douces », de Hiromi Kawakami

Kawami-Hiromi-les-annees-doucesMieux vaut tard que jamais, voici ma participation au challenge écrivains japonais d’Adalana pour le mois de novembre…

C’est que je n’avais pas prévu que la lecture de La terre des mensonges me prendrait plus de deux jours, mon timing s’en est ressenti.

J’avais Les années douces dans ma PAL depuis 2012 car je l’avais acquis lors du Salon du Livre de Paris consacré à la littérature japonaise. J’étais complètement emballée par cette thématique et par le stand des éditions Picquier. J’ai jeté mon dévolu sur ce roman au hasard, ma connaissance de la littérature japonaise étant assez limitée.

auteur_1137081557_1Mini-biographieHiromi Kawakami est née à Tokyo en 1958. Sa nouvelle Hebi o fumu est couronnée en 1996 par le prix Akutagawa, en 1999, Kamisama obtient le prix des Deux Magots et le premier prix Pascal des jeunes auteurs de nouvelles, en 2000 Oboreru reçut le prix de littérature féminine et c’est en 2001 que Sensei no kaban, « Les Années douces » fut couronné par le grand prix Tanizaki. Kawakami Hiromi a su s’imposer dans le monde littéraire japonais par la tonalité très particulière de son style, à la fois simple et subtil dont les thèmes privilégiés sont le charme de la métamorphose, l’amour et la sexualité.

Présentation de l’éditeur : Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs, son ancien professeur de japonais. Insensiblement, au fil des rencontres, les liens se resserrent entre eux.  » Un livre d’une délicatesse à couper le souffle, d’une poésie sensuelle, d’une gourmandise débordante  » (Christine Ferniot, Télérama), qui capte en plein vol la douceur de la vie avant qu’elle ne s’enfuie.

Mon avis : magnifique !

D’après les impressions d’autres participants à ce challenge sur cette auteure je suis rentrée dans le roman avec quelques appréhensions. La littérature japonaise est spéciale, j’ai souvent le sentiment de vivre dans un monde parallèle avec ses écrivains, qui décrivent des situations et des émotions qui leur sont naturelles alors que de mon point de vue de petite occidentale je trouve ça hyper bizarre.

Pourtant, cela n’a presque pas été le cas avec Les années douces. Nous observons la relation des deux personnages principaux : Tsukiko et son ancien professeur de français, le Maître. Ils se sont retrouvés par hasard dans un café. Petit à petit, il s’est installé une sorte de rendez-vous tacite entre eux. Chacun vient quand il veut, sachant à peu près à quelle heure l’autre sera là, ils boivent leur saké côte à côté, grignotent des plats qui font saliver, discutent de tout et de rien. Chacun paie sa part, chacun repart de son côté. C’est une entente douce et naturelle.

A travers cette relation, Hiromi Kawakami explore les méandres des sentiments amoureux. L’exquise attente, lorsqu’on attend impatiemment quelqu’un mais qu’on ne veut pas qu’il s’en rende compte. La chaleur d’un corps qu’on sent à côté de soi sans avoir le droit d’y toucher. Mais aussi la crainte d’être rejeté, de ne pas oser prendre les devants. Ce jeu du chat et de la souris très subtil est merveilleusement bien rendu dans ce roman, dans lequel la séduction opère discrètement, sans qu’aucune parole ne trahisse l’un ou l’autre.

Le cheminement de cette relation se fait sur un rythme lent et pourtant on ne s’ennuie pas une seconde. Quelques bouleversements viennent titiller cette relation, comme l’apparition d’un prétendant pour Tsumiko, ou encore une dispute toute bête au sujet d’un match de base-ball.

J’ai énormément apprécié cette lecture, très douce et poétique. C’est plein de délicatesse et de sincérité, sans sentimentalisme niais. La pureté de cette relation m’a touchée.

Le seul truc qui me gêne un peu (mais c’est un roman japonais donc il y a toujours souvent un truc qui me gêne un peu), c’est la différence d’âge entre Tsumiko et le Maître. Qui plus est son ancien professeur. Mais ce que j’ai aimé, c’est qu’alors qu’un roman français aurait mis l’accent sur les problèmes de cette différence d’âge, le roman japonais traite cela comme un fait, pas comme une entrave. Tout le monde s’en fiche complètement dans ce roman. Ce qui importe c’est leur relation.

annees-douce-1J’avais vu que ce roman avait été adapté en manga par Taniguchi, dès que la médiathèque rouvre je file chercher les deux tomes.

Picquier Poche, 2005, ISBN 978-2-87730-765-9, 284 pages, 7,60€

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19 réflexions au sujet de « « Les années douces », de Hiromi Kawakami »

  1. Superbe livre que j’ai découvert par les mangas que tu vas aller emprunter ^_^. J’avais également bien aimé « La brocante Nakano » du même auteur.

  2. Je suis en train de lire le manga tiré de ce roman et je le trouve magnifique ..On sent la solitude de l’héroine et du maître et c’est peut être cela qui rapproche les 2 protagonistes..je trouve le manga poétique,délicat.Il me reste à lire le livre

  3. Comme toi je l’ai lu pour le challenge. Moi aussi j’ai tiqué sur la différence d’âge, et moi non plus ça ne m’a pas empêché de beaucoup aimer la lecture.
    J’ai enchaîné sur le manga qui est une adaptation très fidèle du roman et, de ce fait, m’a tout autant plu.

    1. Je suis ravie de lire que tu as accroché autant que moi et que tu as pu prolonger ce plaisir de lecture avec le manga, cela me donne encore plus envie de me le procurer 🙂

A vous les micros !

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