« Ainsi puis-je mourir », de Viviane Moore

5116Synpy5L.SL400Gabrielle Dancel est une jeune femme chanceuse : son premier roman lui a valu un petit succès et lui a surtout permis de rencontrer Philip, l’homme de sa vie. ll est venu à sa rencontre lors d’une séance de dédicaces dans une librairie. Une chose en entraînant une autre, les voici mariés et vivant dans la belle demeure de famille de Philip qui n’est rien de moins que le château normand des Ravalet.

Le château est encore hanté par la présence de cette famille. Gabrielle y perçoit une atmosphère chargée de tristesse et d’histoire. D’autant plus que sa grand-mère lui en parlait souvent quand elle était enfant, si bien qu’elle connait déjà les lieux avant d’y pénétrer. Sa chambre préférée était celle de Marguerite, qui au 17è siècle a connu une vie courte, dramatique. Le nouveau sujet du roman de Gabrielle est ainsi tout trouvé : elle racontera l’histoire de la jeune Marguerite et de ses amours interdites.

Le récit de Viviane Moore oscille donc entre deux histoires : celle sur Marguerite écrite par Gabrielle, et celle sur Gabrielle elle-même. Gabrielle qui se rend compte que la vie dans laquelle elle pensait s’embarquer n’est pas si idyllique que ça. Philip lui cache des choses. D’abord cette soeur sortie de nulle part, puis ses absences fréquentes. Des choses étranges se passent, distillant le doute dans l’esprit de Gabrielle.

Le procédé narratif de Viviane Moore fait penser à celui de Daphné du Maurier (en particulier pour le roman Rebecca), avec cette atmosphère pesante, mystérieuse, où l’on pressent que quelque chose se trame sans savoir appréhender de quoi il s’agit…

Et c’es ainsi que nous sommes transportés par l’histoire, avec une seule idée en tête : savoir ce qu’il va arriver à Gabrielle et ce que lui cache son mari. Bien que ce roman ne soit ni un polar ni un thriller, le suspense est bien au rendez-vous et efficace. Les chapitres alternant entre le passé et notre époque dynamisent le récit, entremêlent brillamment les histoires de Marguerite et de Gabrielle, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le seul bémol à mon sens est qu’on ne s’attache que peu aux personnages, une certaine froideur règne sur l’écriture de Viviane Moore. Certainement pour cristalliser les doutes de Gabrielle. Mais ce n’est qu’un petit bémol, la tension latente dans le château vous fera passer un bon moment de lecture.

Chronique rédigée pour Les Chroniques de l’imaginaire

 10/18, 2013, ISBN 978-2-264-06176-8, 429 pages, 8,80€

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16 réflexions au sujet de « « Ainsi puis-je mourir », de Viviane Moore »

    1. Oui, emprunter c’est bien, pas besoin de l’acheter. C’est le genre de roman qu’on prend plaisir à lire mais pas forcément celui qu’on a envie de garder dans sa biblio.

  1. Bien que ce ne serait pas forcément un titre qui m’intéresse à la base, j’avoue que je suis titillée de le voir chroniqué en si peu de temps chez toi et Shelbylee. Mais je lirai plutôt « Rebecca » du coup ^^

  2. Ta critique éveille mon intérêt! De cette auteure, j’ai lu la saga de Tancrède le Normand, que j’avais bien aimé! Je pense que je vais tenter le coup!

A vous les micros !

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