« Mudwoman » de Joyce Carol Oates

2013-11-13 13.56.45Joyce Carol Oates, cette écrivain qui me fascine et me trouble tout à la fois… C’est avec grand plaisir que j’ai reçu son dernier roman en service de presse et que je me suis plongée dedans…

Résumé : M.R Neukirchen est présidente d’une grande université américaine. C’est une femme de poigne, travailleuse acharnée, qui accomplit son devoir avec sérieux et passion. Pourtant, son destin a failli prendre une toute autre tournure. Alors qu’elle n’était qu’une jeune enfant, sa mère a essayé de la tuer en l’étouffant dans la boue. Sauvée par miracle, elle a vécu au sein d’une famille d’accueil peu aimante avant d’être recueillie par un couple de quakers en mal d’enfant.

Mon avis : troublant et magnifique

Comme il m’est déjà arrivé avec Joyce Carol Oates, je me suis laissée absorber par la puissance de son écriture sans toujours savoir sur quel pied danser.

Nous faisons connaissance avec M.R Neukirchen à travers deux phases de son existence. Celle où elle était Jedina, puis Jewell (en adoptant le prénom de sa soeur défunte, que sa mère a réussi à assassiner), puis Meredith Ruth chez la famille Neukirchen. A cette époque elle était Mudgirl, c’est-à-dire la fille de la boue. Adulte, elle est M.R alias Mudwoman. Les chapitres alternent ainsi entre les années 60 et l’année 2003.

Ce procédé permet de connaître le passé de M.R et de comprendre en quoi cela impacte sa vie d’adulte. Elle vit en célibataire dans ses appartements de fonction, bien que vivant une histoire d’amour spéciale avec un scientifique. Il est marié et ne compte pas abandonner sa vie de famille, sans pour autant vouloir arrêter sa relation avec M.R. Et elle, se soumet à sa volonté.

En réalité, malgré son refus de mener une carrière tranquille dans la ville de ses parents adoptifs, malgré sa réussite professionnelle, M.R semble ne jamais être sortie de cette boue dans laquelle elle a failli mourir. Elle y est encore enlisée, tout la ramène à cet épisode de sa vie. Elle subit son rôle de directrice, son rôle d’amante, son rôle de fille de substitution, les Neukirchen lui ayant donné le prénom de leur fille morte prématurément. Les apparences donnent à penser qu’elle est une femme forte et indépendante alors que sous sa carapace se cache une personnalité fragile.

Si bien qu’elle frôle la folie. Entre cauchemars, visions, on ne sait pas toujours distinguer le réel du fantasme. C’est ce qui m’a parfois perdue dans ce roman. Je lisais l’action en cours et ce n’est que quelques pages plus tard que je me rendais compte que tout ne se passait que dans la tête de M.R.

Ce qui frappe dans ce roman, c’est sa densité. J’ai l’impression de connaître M.R de fond en comble, ses émotions, ses doutes, ses craintes, ses traumatismes. On apprend aussi à connaître les Neukirchen et ses collègues. Les décors sont décrits dans les moindres détails, tout comme les ambiances, palpables et étouffantes parfois. L’histoire principale est étoffée de sous-intrigues, qui influent toutes sur la personnalité de M.R.

Quant au style, que dire ? C’est du Joyce Carol Oates. Une écriture hypnotique, magnifique, maîtrisée.

Malgré cette sensation de flottement qui me submergeait à la lecture de Mudwoman, je ne peux qu’admettre que c’est un grand roman, qui révèle encore davantage à quel point Joyce Carol Oates est une écrivain talentueuse…

Remerciements : un grand merci aux Editions Philippe Rey et à Anne pour l’envoi de cet ouvrage 🙂

Philippe Rey, octobre 2013, ISBN 978-2-84876-360-6, 566 pages, 24€

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32 réflexions au sujet de « « Mudwoman » de Joyce Carol Oates »

  1. Je suis tout juste en train de decouvrir cette auteure avec « nous etions les mulvaney ». Je n’en suis qu’au debut mais je suis un peu mitigee concernant son approche de narration. Mais comme tu le dis, si on adhere selon les romans, alors il faut perseverer et se laisser le temps de s’habituer!

    1. Autant on reconnait dans tous ses romans la patte de JC Oates, autant parfois ça passe super bien et parfois pas du tout. C’est assez bizarre. Si je dois vraiment en conseiller un ce sera « Zarbie les yeux verts ».

  2. Je ne sais jamais sur quel pied danser avec Oates, j’ai quand même eu quelques belles déceptions avec elle. Mais tu dis le plus grand bien de ce nouveau roman alors…

  3. Je ne connaissais pas ce roman de Joyce Carol Oates et tu me donnes très envie de le lire ! Ce qui est une bonne chose car j’ai été plutôt déçue du dernier …

  4. Je ne suis pas toujours convaincue par les romans de JC Oates, je me suis prodigieusement ennuyée en lisant « Les chutes ». Mais vous toutes très positives, ce qui est quand même bon signe !

  5. j’aime énormément Oates notamment pour ça: ses personnages et ses histoires très denses, touffus. Rien à voir avec certains auteurs qui restent toujours à la surface. A lire donc!

  6. Moi aussi l’auteur me trouble. J’ai l’impression d’être toujours à la limite du « malsain » sans jamais y tomber. Et j’avoue que lorsque je collence un de ses livres, je ne le lâche plus. Celui-ci, je le vois depuis quelques temps et il m’attire. Limite de la folie, je devrais apprécier.

  7. Toujours pas lu l’auteure mais… je veux la découvrir ! Tout ce qui est dit sur son style, les sujets qu’elle aborde, m’attire ! Alors, vais-je commencer avec celui-ci ? avec Les chutes ?

A vous les micros !

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