Centenaire de la naissance d’Albert Camus

ALBERT-CAMUS-311010Il y a cent ans aujourd’hui naissait le grand écrivain Albert Camus. A ce que j’ai lu, célébrer ce centenaire pose problème, il y aurait certaines polémiques, dûes notamment à sa position sur la guerre d’Algérie. Comme pour Louis-Ferdinand Céline, je me fiche de ces polémiques. Je fête le centenaire de l’écrivain, pas de l’homme. L’homme je ne le connais pas, je ne discutais pas à table avec lui, je ne sais pas ce qu’il pensait. En revanche je connais une partie des écrits de l’écrivain, et c’est à lui que je rends hommage aujourd’hui, grâce à Denis qui nous a invité à en parler aujourd’hui sur nos blogs.

Commençons par une petite biographie trouvée sur le site Evene :

Fils de Lucien Camus, ouvrier agricole mort pendant la Grande Guerre, et de Catherine Sintes, jeune servante d’origine espagnole, Albert Camus grandit à Alger et obtient son bac en 1932 avant de faire des études de philosophie. Il entame alors une carrière de journaliste et écrit pour Alger Républicain où ses articles le font remarquer. Il part ensuite pour Paris et est engagé pas Paris soir. Dans les mêmes années, il publie L’Étranger, un roman qui arrivera en tête du classement des cent meilleurs livres du XXème siècle en 1999. En 1936, il fonde le théâtre du Travail et écrit avec trois amis Révolte dans les Asturies, une pièce qui sera interdite. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il intègre un mouvement de résistance à Paris, tout comme Jean-Paul Sartre, avec lequel il se lie d’amitié. Il devient ensuite rédacteur en chef du journal Combat à la Libération. C’est dans ce journal que paraît un éditorial écrit par Camus, et resté célèbre, dans lequel il dénonce l’utilisation de la bombe atomique par les Etats-Unis. La Peste est publié en 1947 et connaît un très grand succès. Son oeuvre – articulée autour des thèmes de l’absurde et de la révolte – est indissociable de ses prises de position publiques concernant le franquisme, le communisme, le drame algérien… Passionné de théâtre, Camus adapte également sur scène Requiem pour une nonne de Faulkner. Il obtient le prix Nobel de littérature en 1957 « pour l’ensemble d’une oeuvre qui met en lumière, avec un sérieux pénétrant les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes. » Trois ans plus tard, il meurt tragiquement dans un accident de voiture, avec le manuscrit inachevé de son autobiographie Le Premier Homme.

La première fois que j’ai entendu parler d’Albert Camus, c’était en cinquième. Chaque veille de vacances, notre professeure de français nous proposait de choisir deux livres de poche à lire et à rendre à la rentrée. Une de mes copines avait choisi La Peste, et en revenant elle a dit avoir beaucoup aimé. Madame Griesi voulait que je le lise aussi, mais je me trouvais encore trop jeune, j’avais encore la tête dans les livres jeunesse.

Quelques années plus tard, je l’ai lu, je l’ai même dévoré. Et je me suis demandé : comment ma copine Sonia pouvait-elle avoir saisi le message sous-jacent ? L’allégorie du nazisme ? Pour rappel, le roman a pour cadre Oran, qui doit faire face à l’avancée fulgurante d’une épidémie : la peste. L’histoire est traitée de telle façon que nous comprenons qui Camus vise en parlant de rats, de maladie, de résistance à la maladie. Ce roman m’a laissé un souvenir très fort.

J’ai ensuite lu L’étranger, qui malheureusement ne m’a pas laissé souvenir de l’histoire. Je me souviens toujours de l’atmosphère, des émotions ressenties en lisant le roman, de si j’ai aimé ou pas. Mais l’histoire factuelle, généralement, je l’oublie. Pas pratique pour donner envie de lire… Tout ce que je peux en dire c’est que le roman commence par « Aujourd’hui maman est morte », mais c’est une des premières phrases de roman célèbres, donc aucun mérite 😉 Mais je sais que j’avais beaucoup aimé, et en relisant la quatrième, j’ai très envie de le relire. Pareil pour la pièce de théâtre Le malentendu.

Ces deux oeuvres font d’ailleurs partie du cycle de l’absurde d’Albert Camus, avec l’essai Le mythe de Sisyphe et la pièce de théâtre Caligula. Elles explorent les fondements, les manifestations, les conséquences de l’absurde. La prise de conscience de l’absurde engendre la révolte. Le cycle de la révolte comprend La Peste, Les Justes et L’Homme Révolté.

2013-11-07 09.02.59_Hagrid_MargaretPour cette journée particulière, j’avais décidé de lire une oeuvre de ou sur Camus. Mon choix s’est fait de façon très simple : j’avais besoin d’un livre court, pas cher, et comme La chute était vendu avec un carnet et que j’adore les carnets, c’était tout vu.

Difficile de résumer ce roman. Il s’agit d’un long dialogue, mais nous n’entendons qu’une voix. C’est-à-dire que le narrateur s’adresse à un personnage que nous n’entendons pas, tout juste avons-nous une idée de ce qu’il dit lorsque le narrateur réagit à ses propos. Et cela pendant 152 pages.

Le narrateur est un français qui vit aux Pays-Bas, et qui aide un touriste à commander sa boisson. De là la conversation s’engage, et les deux personnages se reverront quelques jours. Le narrateur raconte sa vie. Comment il est passé de juriste très en vue à un pas grand chose aux Pays-Bas. Il raconte sa chute.

Non pas que je n’ai pas aimé, mais j’ai eu l’impression de lire ce roman comme on entend une musique d’ascenseur. On sait que c’est là, mais nos oreilles n’y prêtent pas attention, nos émotions ne sont pas titillées. Pour ce roman, pareil. Je l’ai lu de la première à la dernière phrase, et pourtant je suis complètement passée à côté. Et j’en suis désolée car j’aurais aimé rendre mieux hommage à cet auteur qui m’a auparavant ravie. J’aurais mieux fait de craquer le porte-monnaie pour une des BDs possibles : L’étranger, L’hôte, Albert Camus, entre justice et mère.

Par chance ce n’est pas par ce roman que j’ai commencé, je sais donc que je peux m’aventurer à nouveau sur le terrain Camus sans trop de crainte.

Et vous, avez-vous lu Albert CamusAuriez-vous envie de le lire ? Qu’en avez-vous pensé ? 

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8 réflexions au sujet de « Centenaire de la naissance d’Albert Camus »

  1. Il faut absolument que je lise l’Étranger cette année ! Si je m’étais tenue au courant du centenaire de sa naissance, je l’aurais lu pour aujourd’hui, tiens (mais je suis une quiche :D). De Camus, j’ai eu des lectures contrastées : La Peste m’est tombée des mains (mais je crois que j’étais trop jeune), de même que l’Étranger dont je n’ai jamais passé les 10 premières pages. Par contre, j’ai adoré Les Justes et Le Mythe de Sisyphe. Je crois que l’Homme révolté m’attend quelque part aussi… Du coup, j’ai du mal à me faire un avis personnel sur Camus tant j’ai eu des sentiments de lecture différents. A voir quand j’aurai plus creuser.
    Très beau billet d’hommage en tout cas !!

    1. Si Denis n’en avait pas parlé je n’aurais pas été prête à temps non plus, je ne me rends compte de ces célébrations que le jour même d’habitude ^^ Je suis dans le même cas de figure que toi, je n’ai pas ressenti la même chose à chaque lecture. Emballée par La peste, hermétique à La chute. En tout cas il est bien possible que tu aies essayé La peste trop jeune, cela fait partie de ces lectures pour lesquelles il faut avoir un minimum de maturité si on veut vraiment comprendre.
      Merci du compliment, pour une fois que je me foule un peu pour un billet 😆

  2. Je m’étais promis de lire un livre de Camus cette année pour souligner les 100 ans de sa naissance et nous voilà novembre et toujours pas de livre de Camus…
    En fait, j’ai li « La peste » qui m’avait ennuyé mais surtout parce qu’il s’agissait d’une lecture imposée par une prof que je détestais… Par contre, 2 ans après, je lisais « Les justes » et j’ai ADORÉ.
    Cette année, je voulais lire « L’Étranger ». Je pense qu’il n’est pas trop tard si j’embarque avec moi ce livre pour mes vacances des fêtes de fin d’année.

  3. « La peste » et « L’étranger » sont les deux livres lus… il y a une vingtaine d’années. J’avais aimé et je les ai bien présents dans ma mémoire..

  4. merci pour cet hommage en forme d’itinéraire autour de l’œuvre de Camus, qui ne plait pas à tous, heureusement dirais-je, et Camus n’a pas cherché à charmer.
    A chacun de se faire son opinion

  5. Aïe! Aïe!! C’est votre 1er billet où je ne vous rejoins pas. Il fallait bien que cela arrive un jour, non? Camus est et restera incontournable. Malheureusement, ce serait trop et très long à argumenter. Mais la force de « La Chute » est justement que le récit est un monologue : le lecteur n’a que le point de vue de Clamence (et peut donc « imaginer » ce que dit ou pense l’interlocuteur). Si vous avez un peu de temps, allez vous promener dans « Les Cahiers de l’Herne » consacré à A.C et/ou dans le « Dictionnaire A.C » publié dans l’excellente collection « Bouquins ».
    A très bientôt

A vous les micros !

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