« L’enfant de Noé », d’Eric-Emmanuel Schmitt

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Et si on croisait nos PALRoman lu en LC avec Stephanie ! L’enfant de Noé est le quatrième livre qui s’inscrit dans le Cycle de l’invisible d’Eric-Emmanuel Schmitt. Le sujet commun est la religion.

Résumé : En 1942 en Belgique, Joseph, 7 ans, est le fils unique d’une famille juive menacée de déportation. Pour sa protection, il est confié à la comtesse de Sully puis au père Pons, petit curé de campagne, un « juste » qui, avec l’aide de villageois, sauve des enfants juifs en cachant leur identité et plus particulièrement avec l’aide de mademoiselle Marcelle, une pharmacienne qui fait de faux papiers aux enfants dont le père Pons s’occupe. Avec lui et le jeune Rudy, le petit Joseph va découvrir l’amitié, mais aussi et surtout la valeur d’une culture à transmettre, car le père Pons ne se contente pas de sauver des vies ; tel Noé, il essaie aussi de préserver leur diversité, en collectant des objets appartenant à une culture ou à un peuple menacé de destruction….

Mon avis : encore une merveille

Décidément, je ne suis jamais déçue avec Eric-Emmanuel Schmitt. Cette fois encore, il propose un récit touchant, où la cruauté et la beauté s’entre-mêlent.

Le petit Joseph attend ses parents. La guerre est finie, et à l’orphelinat, tous les dimanches, les enfants défilent devant les villageois en espérant que leurs parents seront revenus et les reconnaîtront.

Joseph revient sur les mois qui ont précédé. Il raconte comment sa mère a entendu qu’une rafle allait avoir lieu, comment elle a voulu le protéger en le confiant à un couple noble. Mais lui-même a dû confier Joseph au Père Pons.

A l’orphelinat, juifs et non juifs sont mélangés, mais personne ne doit savoir qui est juif et qui ne l’est pas. Aussi les juifs doivent-ils adopter un nouveau nom (Joseph peut garder le sien), s’interdire de parler yiddish, aller à la messe etc. La vie dans l’orphelinat n’est pas difficile, mais la crainte de ce qui a pu arriver à sa famille assombrit les journées des pensionnaires. La crainte de voir les Allemands arriver aussi.

Joseph aime beaucoup le père Pons, qui le lui rend bien. Et alors qu’il le suivait une nuit, trouvant étrange que le prêtre se faufile à l’extérieur la nuit, Joseph découvre son secret : il garde précieusement des objets de la religion juive dans une crypte, afin que si la folie meurtrière des nazis éradique les juifs, il reste quelque part un foyer à attiser pour que le judaïsme renaisse. Il confie à Joseph la charge de lui inculquer la culture juive.

Voilà encore un très beau récit, plein d’amour, de respect, de poésie, tout cela placé dans un contexte de mort et de cruauté. C’est ce que j’aime tant dans les oeuvres d’Eric-Emmanuel Schmitt, il parvient toujours à mettre de la beauté là où ne l’attend pas. Et je suis une adepte de ses réflexions philosophiques. Ce n’est pas de la philosophie pure et dure, mais des réflexions sur la vie toute simple. Des réflexions qui font sens et qui me parlent.

Donc encore une fois, j’ai adoré lire cet auteur !

Qu’en est-il de Stéphanie ?

Le Livre de Poche, 2008, 122 pages 

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19 réflexions au sujet de « « L’enfant de Noé », d’Eric-Emmanuel Schmitt »

  1. ah comme je suis contente de voir que tu as autant apprécié que moi. L’humour et l’innocence sont si présents, que j’ai finalement fini par bien souvent oublier la cruauté de l’extérieur. Elle revient néanmoins par petites touches qui apportent une dimension plus touchante encore au récit. Un très bon titre qui se lit tout seul !

    1. C’est exactement ça Stéphanie ! Schmitt parvient toujours à équilibrer la noirceur et la poésie, et il le fait avec beaucoup de talent. J’ai encore une fois beaucoup apprécié ma lecture 🙂

    1. Je pense qu’il reste un peu trop en surface pour toi. Schmitt ne sait pas aller au coeur de la noirceur sans y apporter une touche de beauté. Tu pourrais trouver cela naïf. Mais peut-être pas, après tout. Essaie et tu verras 😉

  2. Ce livre m’intrigue beaucoup, car le sujet m’attire beaucoup. L’auteur me touche généralement beaucoup dans ses romans, excepté avec La femme au miroir que j’avais détesté ..

    1. Dire que La femme au miroir est celui que j’ai préféré ^^ Mais si EES te touche habituellement, il y a toutes les raisons pour que ce soit encore le cas cette fois 🙂

A vous les micros !

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