« Prince d’orchestre », de Metin Arditi

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Cela fait quelques mois que j’ai découvert Metin Arditi. Non pas parce que je l’ai lu, mais parce que j’ai rapidement noté sur ma LAL son roman Le Turquetto après de nombreux avis élogieux. Aussi ne me suis-je pas fait prier losque Asphodèle a proposé de me prêter Prince d’Orchestre (son billet est ici).

Alexis Kandilis est un chef d’orchestre mondialement connu, réputé pour son talent mais aussi pour son caractère difficile. Devant lui les musiciens ne bronchent pas, mais c’est un tel maestro que l’admiration l’emporte le plus souvent. Alexis ressent la musique dans son coeur et dans sa chair, jusqu’au bout de ses doigts. C’est cette sensibilité extrême qui le rend si talentueux.

Pourtant, lors d’un concert au Royal Albert Hall à Londres, un moment de déconcentration fait tout basculer. Une erreur qui passe inaperçue à l’oreille du profane retentit pourtant comme un tremblement de terre chez les professionnels. Alexis Kandilis passe de la lumière à l’ombre en l’espace de quelques heures. Les salles de concert annulent ses représentations, la presse le décrie, son projet musical le plus cher est compromis…

L’histoire de ce chef est bouleversante. Certes, on peut se dire qu’il l’a bien cherché, avec sa mégalomanie qui le pousse à mépriser ses collègues. Mais dès le début du roman, on comprend que son caractère s’est forgé à partir d’épreuves durant son enfance. Qui seront explicitées à mesure qu’on avance dans le roman.

Au plus Alexis est l’objet de la risée du monde de la musique, au plus il se sent seul et une certaine folie commence à poindre. Le summum étant atteint vers le dernier quart du roman, dans des scènes que j’ai trouvées assez éprouvantes.

En plus de l’histoire elle-même, c’est la place de la musique qui donne un charme particulier à ce roman. Je n’y connais rien du tout, je n’ai aucune idée de ce que Metin Arditi retranscrivait avec ses la si do mi et ses descriptions techniques, mais c’est fait d’une telle façon qu’on sent une musicalité dans le texte. Et puis il y a tout de même la mention de certains airs connus, qui permettent de plaquer une bande-son sur les mots.

C’est un roman qui se lit vite et facilement. Une succession de courts chapitres. Percutants pour certains. Une histoire intense.

Remerciements : merci Asphodèle pour avoir fait voyager ce roman jusqu’à moi !!!

Actes Sud, 2012, ISBN 978-2-330-01256-4, 372 pages, 21,80€

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18 réflexions au sujet de « « Prince d’orchestre », de Metin Arditi »

  1. J’étais dans le même cas que toi, si ce n’est que c’est en bouquinerie que j’ai trouvé ce titre et qu’il est toujours dans ma PAL…

  2. Comme il parle de musique (et qu’il se passe à Genève où j’ai vécu – c’est toujours intéressant de lire les descriptions de lieux que l’on connaît, non ?), il m’intéressais. Je l’ai aimé mais moins que « Victoria Hall » qui reste mon préféré. J’ai pas vraiment aimé le personnage principal; par contre, j’ai trouvé chouette de retrouver d’autres personnages de ses romans (les deux femmes chez qui Alexis emménage apparaissent dans « La fille des Louganis » – qui est très bien).

    1. Tu maîtrises mieux que moi le sujet Metin Arditi, dans lequel je ne suis encore que novice ^^ Je ne connaissais pas ces deux titres, c’est toujours intéressant de les noter.
      C’est sympa quand on connait la géographie des lieux, on appréhende le roman différemment 🙂

  3. Beau roman apparemment qui me plairait bien d’autant plus que je garde un très bon souvenir du seul livre lu de cet auteur: « Loin des bras », que j’avais beaucoup aimé.

    1. C’est un roman plutôt court mais intense, le personnage principal est très bien travaillé. Il me donne vraiment envie de relire Metin Arditi.

  4. Je suis ravie qu’il t’ait plu et c’est vrai qu’il se lit facilement même si on n’y connait rien en musique ! Et tu verras pour Le Turquetto qui se passe dans la peinture cette fois, pareil, une facilité déconcertante à nous plonger dans un univers enflammé !!! 🙂 Tout nous paraît simple et il a l’art de nous accrocher dès les premières lignes…

    1. Merci encore de me l’avoir prêté Aspho ! Il me tarde de lire Le Turquetto (même si mon planning de lecture est ultra chargé), je pense qu’il me plairait beaucoup. Et tu as raison, il y a quelque chose dans l’écriture de Metin Arditi qui nous interpelle, ça m’a beaucoup plu.

A vous les micros !

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