« Retour à Whitechapel », de Michel Moatti

retour-a-whitechapel-3494922L’histoire de Jack l’Eventreur m’a toujours fascinée. Un homme qui a assassiné sauvagement au moins cinq prostituées, qui a cessé brutalement, et dont l’identité n’a jamais été établie… Ça m’interpelle. Quelles étaient ses motivations ? Comment a-t-il pu échapper à la police ? Nous sommes nombreux à nous poser ces questions tout en sachant que nous ne saurons jamais.

Michel Moatti se propose dans Retour à Whitechapel de nous conter la véritable histoire de Jack l’Eventreur. Il va pour cela utiliser un personnage fictif, la fille de la dernière prostituée assassinée : Amelia Pritlowe. Elle est infirmière à Londres, pendant le Blitz, et entreprend d’adhérer à un club de membres cherchant à démasquer Jack l’Eventreur. Nous suivons ses recherches à travers un journal intime.

En parallèle, le roman met en scène les événements de 1888. Les femmes se font aborder, tuer, les enquêteurs se déplacent, le meurtrier réfléchit… Et c’est cette partie là qui m’a beaucoup gênée. Car tout cela n’est qu’hypothétique, mais le narrateur n’use pas du conditionnel.  Les faits sont présentés comme si cela s’était déroulé ainsi. Que l’auteur romance cette histoire est légitime, n’importe quel romancier historique en fait autant. Mais ici, je trouve que ce n’est pas assez explicité.

J’avais lu le document de Patricia Cornwell Jack l’Eventreur – Affaire classée, que j’avais adoré. Car la romancière a enquêté, a réuni des indices, et grâce à ce faisceau d’indices nous a expliqué quelle conclusion elle en a tiré, et le nom du meurtrier. On y croit ou pas, mais au moins il y a un raisonnement. Dans le roman de Michel Moatti, j’ai vu ce même nom, mais il est apparu comme ça, pouf, de nulle part. Et c’est vraiment ce qui me gêne. Il n’y a pas d’enquête à proprement parler.

Et je n’ai vraiment pas du tout aimé le subterfuge utilisé pour la révélation de la fin. il n’y a rien de tangible.

Je suis donc très déçue, je m’attendais à un roman dans lequel nous avancerions en même temps que le narrateur sur les traces de Jack l’Éventreur, mais il n’en est rien. Le narrateur connaissait déjà l’identité qu’il attribuerait au meurtrier et a tissé une histoire autour. Je regrette aussi que l’auteur n’explique son cheminement de pensées qu’en fin d’ouvrage, alors qu’il aurait été tellement plus judicieux de l’intégrer au récit. Même chose pour les meurtres. Ayant aussi vu l’excellent film avec Michael Caine, je connais l’histoire de ces meurtres. Mais quand on n’en sait pas plus que cela, il y a très peu d’informations au final. Il faut encore une fois attendre les notes de fin d’ouvrage pour en savoir plus.

Néanmoins, j’ai apprécié le carnet d’enquête qui accompagne le roman. Il s’agit d’un pêle-mêle contenant des clichés, des documents d’archives, des notes manuscrites de l’auteur. Et je l’ai trouvé bien fichu. Mais le roman en lui-même ne m’a pas convaincue.

Remerciements : merci à Agnès de HC Editions pour l’envoi de ce roman, qui me tentait tellement pourtant !

HC Editions, 2013, ISBN 9782357201361, 351 pages, 19,90 €

77158541_p

Publicités

27 réflexions au sujet de « « Retour à Whitechapel », de Michel Moatti »

    1. Non, on ne saura jamais ! Et j’aime bien qu’on fasse des hypothèses, mais il faut qu’elles soient fondées et étayées comme tu dis.

  1. J’aurais aimé car moi aussi ça m’interpelle comme histoire, mais là pour le coup ton avis me donne pas envie pour ce bouquin là…
    Bonne fin de journée bisous 😀

    1. Je le trouve trop romancé, on ne sait pas ce qui est vrai, ce qui est inventé. Ce n’est pas très clair, et c’est mal développé à mon sens.
      Bonne fin de journée à toi aussi Laure, bisous 🙂

  2. Ha bé non !!! Je suis un peu comme toi, j’aime quand c’est crédible et bien étayé ! Dommage car l’histoire de ce tueur m’a toujours passionnée, d’ailleurs comment ai-je pu passer à côté du Cornwell ??? A une époque je les achetais dès leur sortie, puis je me suis lassée mais là… je vais remédier à cela !!! 🙂

    1. Il faut absolument que tu lises le Cornwell !!! Je l’ai lu il y a quelques années et j’avais adoré !!! C’est vraiment très bien documenté, tu verras 😀

  3. Oui oui tu penses, c’est bizarre car je n’en ai pas du tout entendu parler contrairement à ses autres livres sortis depuis deux-trois ans !!! Je vais chercher !!!

    1. Il date un peu ce livre là, 2004. Tu le trouveras facilement, et si tu es autant fascinée que moi par cette histoire tu vas trouver ça passionnant, du moins je l’espère ^^

  4. L’histoire de Jack L’Eventreur m’intrigue aussi, dommage que ce livre ne soit pas à la hauteur de tes attentes légitimes, en tout cas je ne le note pas

  5. Hum, je voulais le lire (enfin, l’acheter, d’abord).

    Le livre de Patricia Cornwell n’est pas apprécié dans le milieu des ripperologue parce qu’elle a réuni les preuves qui tendait à accuser « celui que tu sais ». Dès le départ, elle cherchait à prouver que c’était lui et pas un autre et a fait en sorte que les preuves collent avec sa conclusion… le contraire de ce qu’il faut faire.

    Voilà ce que je sais… c’est peu, mais puisque les passionné de Jack l’ont mise au pilori, je ne l’ai jamais lu.

    Je dois lire le livre de Sophie Herreford et celui de Bourgouin. Jack me passionne aussi, mais moins que Holmes !

    1. C’est bien possible que Cornwell ait procédé ainsi, mais quand on ne connaît pas le dossier à fond, ça passe tout seul ^^ Je ne suis pas étonnée en tout cas qu’elle se soit attirée les foudres des experts.
      Je suis en train de lire « Le diable dans la ville blanche » d’Erik Larson, avec Holmes justement, que je ne connaissais pas du tout. Je fais une pause pour l’instant car ça parle beaucoup (trop?) des avancées architecturales pour l’expo universelle de Chicago et je sature un peu :p

      1. Tiens donc, un pastiche que je ne connais pas ! Comme quoi, on ne sait jamais tout.

        Pour ceux qui ne connaissent pas le dossier de Jack, le livre a l’air bien, mais une fois analysé, je n’aime pas le fait que l’on parte d’un coupable potentiel et que l’on remonte la piste en sélectionnant tout ce qui est à charge.

        Le mieux et le plus juste est de rassembler les indices et de déduire le nom du coupable ou de se dire qu’il n’y a pas assez de preuve mais que certaines hypothèses tendraient à dire que…

        Le danger est de prendre les paroles de Cornwell pour argent comptant, comme ceux qui lisent « Moi Sherlock Holmes » de Baring-Gould et qui pense que tout est vrai parce que l’auteur a mélangé les éléments du canon holmésiens avec les pastiches et ses idées perso.

        J’attends la critique sur le livre avec Holmes et le pavé chiant de l’architecture…

  6. Comme beaucoup, je suis intriguée par l’histoire de Jack l’éventreur, dont j’ai lu et vu pas mal de document. Je ne me suis pas encore plongé dans l’enquête de Patricia Cornwell, mais c’est en projet. Beau billet…

    1. Coucou DF !Voilà ce qui se passe quand on a une messagerie pas terrible, on perd des mails, et du coup je n’avais pas vu cette notification de comm. Allez, on va dire qu’il n’est pas trop tard, je vais répondre à ton tag ^^

  7. Patricia Cornwel m’attends dans ma PAL… ton avis rebute un peu à la lecture mais n’étant pas à la recherche de la vérité et sachant qu’il s’agit d’un romancé il me tente bien malgré tout si l’occasion se présente. Puisqu’on est prévenu, je pense que je saurais peut être apprécié malgré tout un roman inspiré mais pas réel sur ce phénomène qu’est Jack l’éventreur 😉

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s