« L’enfance d’Alan », d’Emmanuel Guibert en LC avec OliV

Mise en page 1« Mais c’est bête, la façon dont j’ai existé jusqu’ici. »

Alan Ingram Cope est né en Californie en 1925 ; décédé en France en 1999. À dix-huit ans, il a été appelé, “comme tous les jeunes Américains”, pour être envoyé assez rapidement en Europe sur le front de guerre, en 1943. Il en est sorti indemne et est resté sur le vieux continent, s’installant à sa retraite dans une maison d’une petite commune du Sud-ouest de la France : l’Île de Ré.

Emmanuel Guibert a rencontré Alan Ingram Cope en 1994 un peu par hasard. Ils ont eu pendant cinq ans de nombreux échanges durant lesquels ils ont enregistré les souvenirs. Il en ressort dans un premier temps une bande dessinée en trois volumes (publiés entre 2000 et 2008 à L’Association) intitulée La guerre d’Alan. Ici, il continue avec ce récit chez le même éditeur, L’enfance d’Alan et, sera suivi sans doute au cours de l’année de L’adolescence d’Alan.

 Le récit commence comme par un prologue sur une quinzaine de pages en couleur, de la vie d’avant, passée en Californie du Sud. Des souvenirs d’enchantement qui défilent sur un fond bleu-ciel, puis jaune-soleil, puis l’orange. Puis, cela se change dans un Noir et Blanc, presque tout naturellement. Alan Ingram Cope se souvient et raconte. Emmanuel Guibert dessine et transpose. Nous, on lit et on s’imagine.

alanL’enfance d’Alan, reprend les onze premières années de sa vie. Nous sommes donc dans les années 1930. Et dans une trame bien définie, c’est comme si nous écoutions la voix d’Alan Ingram Cope dans l’interprétation d’Emmanuel Guibert. L’auteur se veut libre dans ses choix graphiques. Il collecte les informations de son auditeur et s’offre un espace à la fois judicieux et de précision. Nous sommes en plein dans le ressenti. Les souvenirs deviennent réels. L’exercice de mémoire résonne au profond de notre fort intérieur et ce par toutes ses sensations retranscrites dans l’enfance dAlan.

Emmanuel Guibert s’adjoint une forme rigoureuse et un fond dépouillé le tout dans un contenu très riche qui atteins notre conscience. Cela touche presque à notre intimité tellement ce récit nous parle dans les détails des souvenirs. Autant de situations vécues que nous aurions tout aussi bien pu vivre. Alan Ingram Cope traite sa mémoire avec une honnêteté, lui qui n’a nul besoin de tromper ni d’enjoliver la vérité. Les anecdotes s’enchainent simplement autour du mot partage. Où comment évoquer ses quelques tranches de vie d’une enfance sensible, naïve et qui rime avec spontanéité mais aussi débrouillardise et vertu.

 « Les adultes pensent toujours que les enfants savent des choses qu’en fait ils ignorent. »

 L’importance d’un tel récit est dans ce rapport simple et propre à l’Histoire avec un grand H, pour ne pas oublier le passé. Comme un combat contre l’oubli afin de ne rien laisser disparaître au fond de soi, au fond de nous, tel est le message humble à retenir. Une lecture touchante et très émouvante.

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Ce billet est dans l’idée d’une « lecture commune inversée ! »

Car ce que vous venez de lire n’est pas mon ressenti, mais celui dOliV !! Si vous voulez lire le mien, c’est chez lui que ça se passe ^^

ΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩΩ

L’Association, Septembre 2012, ISBN 978-2-84414-455-3, 160 pages, 19 €

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25 réflexions au sujet de « « L’enfance d’Alan », d’Emmanuel Guibert en LC avec OliV »

  1. Chez OliV,
    je disais donc chez toi à Natiora (vous allez nous faire devenir fous! ^^) que son ressenti me donnait de nouveau l’envie de lire cet album. A te lire, cela ne fait que confirmer ce projet. Merci pour ta chronique

  2. Cette BD a été vivement conseillée lors de sa sortie et beaucoup commentée. Ton avis reflète bien ce que j’ai pu lire à l’époque. Bonne journée !

  3. Donc je viens de lire le tien chez Oliv que j’ai beaucoup aimé et Oliv qui confirme. Une chose est sûre je vais tout faire pour pouvoir la lire !

  4. C’est particulier, là, de répondre à son propre retour !! Merci Natiora pour cet échange et ce partage dans cette lecture commune inversée que j’ai apprécié 😉

  5. Un gentil blogueur m’en a fait cadeau il y a peu… J’ai hâte de la découvrir ! (ps : c’est dingue votre histoire de lecture inversée, mes neurones de blonde sont mis à rude épreuve ! ;-))

    1. On n’a pas toujours toute notre tête avec OliV ^^ Je veux pas gaffer mais le gentil blogueur, il aurait pas un prénom qui commence par un « J » ? :p
      Bonne lecture en tout cas Noukette 🙂

  6. Beaucoup aimé cet album également!
    Si je finis par bien comprendre, Oliv, c’est donc à toi que je réponds ici alors que Natiora, je t’ai déjà répondu hier en croyant m’adresser à Oliv! OK, mais j’en perds mon latin, moi! 🙂

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