« La mer », de Yoko Ogawa

Ogawa-Yoko-La-merLe mois de mars est consacré à Yoko Ogawa pour le challenge Ecrivains japonais d’Adalana, et contrairement au mois de février, je suis dans les temps, ouf ! Je n’ai pas vraiment choisi ma lecture, je suis allée à la médiathèque et j’ai pris le premier livre qui venait, un tantinet attirée par la couverture en vérité. Des mésanges et un lit de végétation, j’ai pensé que cela ne présageait que du bon. A raison.

Il s’agit d’un recueil de nouvelles, sept plus précisément, de longueurs variables.

  • La mer
  • Voyage à Vienne
  • Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly
  • Le crochet argenté
  • Boîtes de pastilles
  • Le camion de poussins
  • Le guide

J’avoue avoir pénétré l’univers de Yoko Ogawa avec un peu d’appréhension. Ma lecture dUne parfaite chambre de malade m’avait laissé un goût bizarre dans la bouche, comme si on me présentait un bon plat en apparence mais que finalement les saveurs étaient étranges.

Cette fois ça n’a pas du tout été le cas. L’approche de l’auteure reste la même, elle se concentre beaucoup sur les choses du quotidien : la nourriture, les gens, les rues… Mais j’ai trouvé qu’il y avait une dimension poétique davantage exploitée. En lisant les nouvelles j’étais parcourue de sensations, avec l’odeur des repas, le toucher d’une peau âgée, la vue de l’aube… Le tout est tendre et délicat, aussi bien dans la description de l’environnement que dans le coeur des personnages.

Les histoires m’ont énormément plu. La première, La mer, raconte l’histoire d’un homme et de sa promise qui se rendent chez la famille de celle-ci dans la campagne littorale afin de faire la demande officielle en mariage. Le fiancé ne sera pas très à l’aise, surtout avec le frère cadet de sa douce, mais il finira par être très touché par un objet insolite.

Boîtes de pastilles est une nouvelle de deux pages, mais elles sont pleines de bienveillance et mettent joliment en scène la relation intergénérationnelle entre jeunes et beaucoup moins jeunes.

Ma nouvelle préférée est Le bureau de dactylographie japonaise Butterfly, car je la trouve parfaitement travaillée. L’histoire n’est pas vraiment passionannte, il s’agit d’une jeune recrue dans un bureau de dactylo qui tape des documents médicaux, et qui découvre un jour qu’un employé travaille à l’étage du dessus, chargé de remplacer les caractères abîmés. L’échange entre la jeune fille et l’employé est strictement professionnel, mais les mots et les gestes sont chargés d’une tension érotique incroyables. Qu’on ne décèle évidemment qu’en prenant la situation au second degré, et c’est ce qui fait la beauté de cette nouvelle, dans laquelle le talent d’écriture est délicieux.

Ma deuxième rencontre avec Yoko Ogawa s’est donc bien mieux passée que la première. Je reconnais son style, mais les histoires m’ont beaucoup plus touchée. Il ne m’a pas manqué de clef de compréhension cette fois, je me suis plongée tout entière dans ses textes avec délice. Si vous voulez commencer avec cette auteure mais ne savez que choisir je vous recommande donc fortement ce recueil !

Actes Sud, 2009, ISBN 978-2-7427-8178-2, 149 pages, 16 €

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22 réflexions au sujet de « « La mer », de Yoko Ogawa »

  1. Je ne connais pas la littérature nippone comme la littérature étrangère en général, je suis donc toujours à la recherche de titres et d’auteurs, alors ton billet tombe à pic

  2. Je n’ai pas trop envie de nouvelles en ce moment (et j’en 4 ou 5 dans ma PAL en attente) mais je retiens malgré tout cet il me faudra découvrir cette auteure un jour ou l’autre ! 😉

    1. Je comprends, on n’a pas toujours envie de nouvelles, mais si toutefois tu as envie de lire Yoko Ogawa je te conseille vivement ce recueil, que j’ai bien davantage aimé qu' »Une parfaite chambre de malade ».

      1. En même temps avec un titre pareil (la chambre de malade), laisse tomber, je ne m’y risquerais pas !!! 😆 Je connais un peu trop cette configuration des choses et n’ai pas envie de retrouver ça dans un livre !!!^^)…

  3. Les couvertures sont belles. Je n’ai pas encore ouvert mon Ogawa. Je repasserai noter ton titre si sa plume me plaît.
    Bon week-end

  4. Un auteur que je connais pas. Je possède sa novella l’Annulaire, qui est paraît-il assez spéciale. Je vais peut-être m’y pencher prochainement, du coup!

    1. J’aime beaucoup son écriture, j’espère que ça te plaira aussi. J’avais trouvé Une parfaite chambre de malade assez spécial aussi mais ce recueil m’a vraiment plu. En clair il ne faut pas te fier à une seule lecture pour cette auteure.

  5. je viens de finir « une parfaite chambre de malade » et je vais voir ton article mais j’ai plutôt bien aimé le style, la sobriété
    ce livre que tu viens de lire semble intéressant

  6. J’aime beaucoup ce qu’écrit Yoko Ogawa, bien que le genre de la nouvelle ne me plaise pas particulièrement, bien au contraire, mais avec Ogawa, c’est différent, l’histoire est secondaire mais le style et l’atmosphère retiennent surtout l’attention. Je ne l’ai pas aimée d’emblée mais c’est peu à peu que je l’ai appréciée et aimée. Je dois continuer à la lire d’ailleurs. (si tu veux, le tag des 11 questions t’attend chez moi depuis vendredi, à moins que tu ne l’aies déjà fait – sans obligation, surtout!)

    1. Je suis d’accord avec toi, l’histoire est secondaire. D’ailleurs ce qu’il me reste de ma lecture ce sont plus des sensations que des souvenirs de situations. Elle a un style vraiment très agréable.
      Ok pour le tag des 11 questions, j’y répondrai certainement dans la journée ! Merci 🙂

  7. Un auteur que je ne connais pas. Je note ce titre avec gourmandise. La littrature japonaise et les nouvelles, c’est une recette qui me plait !

A vous les micros !

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