« Sukkwan Island », de David Vann

0305 Cover SUKKWANCe début d’année est très chargé en lectures pour le blog, pour les Chroniques de l’Imaginaire, pour les challenges, et ce n’est pas évident de caser une lecture-juste-pour-le-plaisir dans tout ça. Mais j’en ai eu besoin, alors je me suis permise d’aller piocher dans ma PAL ce roman dont m’avait parlé une amie avec grand enthousiasme.

Résumé : Une île sauvage de l’Alaska, tout en forêts humides et montagnes escarpées. C’est dans ce décor que Jim emmène son fils de treize ans pour y vivre dans une cabane isolée, une année durant. Après une succession d’échecs, il voit là l’occasion d’un nouveau départ. Mais le séjour se transforme vite en cauchemar… Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable, une expérience littéraire inoubliable.

Mon avis : décevant

« Sukkwan Island est une histoire au suspense insoutenable, une expérience littéraire inoubliable. » Mon oeil, oui.

J’ai très bien soutenu le suspense et l’expérience littéraire ne sera pas marquante, non. J’avoue que quand on m’annonce qu’un roman est génialissime, j’ai tendance à y croire. Et quand ce n’est pas génialissime mais juste pas mal, j’ai tendance à trouver le roman plutôt mauvais, alors que si on ne m’avait rien dit, mon jugement eut été modéré (mais promis, je ne t’en veux pas Emily ^^)

Bref, revenons à nos moutons. Jim et son fils Roy partent pour un an sur une île sur le souhait du père, pour repartir de zéro. Oublier les erreurs passées, se rapprocher de son fils. Toute la première partie est racontée des yeux de Roy et je dois l’admettre, ça fait froid dans le dos. Jim a acheté un bout de terre avec une cabane, et ils doivent se débrouiller pour tout, se nourrir, se réchauffer, s’occuper… Roy souhaite plus que tout retrouver sa mère et sa soeur mais il sait que son père a besoin de lui. Roy est débrouillard, il sait pêcher, conserver le poisson manier une hâche…

Mais toutes les nuits, il entend son père pleurer, gémir, et plus le temps passe, plus il se confie. Des confessions qu’un enfant ne devrait pas entendre. A partir de là on se dit que cette affaire va mal tourner. Et ce sera le cas, mais là-dessus, motus et bouche cousue !

Alors oui, j’ai bien aimé. J’ai aimé lire leurs actions pour survivre au quotidien, leurs doutes, leurs frayeurs, leurs (rares) joies… Et comme j’adore la nature j’ai beaucoup apprécié lire les descriptions des paysages désolés. Mais je n’ai pas trouvé le « suspense insoutenable » promis, ni le grand retournement de situation que j’attendais. J’ai avalé les pages, certes, car le style est fluide et prenant. C’est bien écrit, ça m’a parlé. Je me suis sentie très proche de Roy et à des années lumières de Jim. Mais autrement, rien de transcendant.

Gallmeister, 2009, ISBN 978-2-35178-030-5, 192 pages, 21,70 € (sorti en poche chez Folio)

Et j’inscris ce roman dans le challenge Petit Bac pour la catégorie LIEU et dans le challenge à tous prix car ce roman a reçu le Prix Médecis étranger 2010, le Prix des lecteurs de l’Express, le Prix de la Maison du livre de Rodez et le Prix du Marais 2011 des lecteurs de la Médiathèque L’Odyssée de Lomme. Avec tout ça vous vous demandez certainement si ce n’est pas moi qui suis passée à côté du roman. Figurez-vous que moi aussi…

critiquesabc2013180010040_p (1)

a-tous-prix

Publicités

28 réflexions au sujet de « « Sukkwan Island », de David Vann »

  1. Bah, c’est pas parce qu’un livre a été encensé qu’on est obligé d’en raffoler. Tu as peut-être eu un regard différent, tout simplement – celui de l’avoir découvert avec des éloges précédentes et comme tu le dis, ça oriente beaucoup mine de rien.
    Comme toi, j’avais envie de le découvrir prochainement à cause de ces éloges mais je pense que je vais me laisser le temps de les oublier un peu pour ne pas risquer d’être déçue 🙂
    Bisouxx Natiora !

    1. Le problème est effectivement que je m’attendais à beauuuuucoup mieux. Ça n’a pas été une mauvaise lecture, mais j’étais loin d’y trouver le plaisir et surtout la tension attendue.
      Bisous ma jolie !

  2. Tout d’abord quelle cadence de lecture bravo à toi j’aimerais en lire autant ! En général lorsque l’on crie au génie je suis déçue moi aussi, j’attends trop du livre alors je comprends parfaitement ta déception. Je note ce livre tout de même pour une visite à la mediatheque

    1. J’ai eu une grosse période de ralentissement de mes lectures, et maintenant que les soucis sont derrière moi, je peux à nouveau m’adonner à ma passion sereinement, sans avoir l’esprit troublé. C’est bon de retrouver son rythme ^^
      Je ne te déconseille pas de lire ce roman car il est objectivement bon. Pas génialissime, mais il m’a fait passer un bon moment 🙂

  3. j’ai apprécié l’histoire de ce livre même si j’ai ressenti un certain malaise quant à l’attitude du père. Je suis parfaitement d’accord avec toi, la lecture est plaisante mais le suspens n’a rien d’insoutenable…

    1. Tout comme toi le père m’a grandement dérangé, sa façon de faire et de penser est malsaine. Je suis ravie de savoir que toi aussi tu es restée sur ta faim côté suspense ^^

  4. Je l’ai dans ma PAL aussi et il va bien falloir que je le lise car toutes les critiques que j’en ai lu m’ont intriguée ! j’ai peut-être peur d’être déçue aussi j’avoue 😀
    Bonne journée Natiora et merci de ta participation ! Bises

    1. Je te conseille de lire le roman en oubliant tout ce que tu as entendu et en ne t’attendant à rien, laisse toi porter par l’histoire. Elle est bonne après tout, c’est juste que je m’attendais à mieux 😉 Bisous Laure, passe une bonne journée !

  5. Bah ça arrive hélas d’être déçue et de ne pas avoir aimé autant que d’autres ! J’avais lu et aimé Désolations l’année d’avant, j’ai attendu avant de lire Sukkwan, j’avais oublié tout ce que j’en avais lu et ça m’a pris aux tripes ! Mais bon, je ne lis pas de polars sanglants, je ne suis pas habituée à cette violence ordinaire, ceci explique peut-être cela ! 😉

    1. J’aime beaucoup les thrillers psychologiques, c’est pour ça aussi que j’adore les huis clos, où il n’y a pas de sang mais où tout passe par les mots, les regards, les attitudes… Ce qui m’a manqué c’est que je m’attendais vraiment à du suspense, même sans mort(s), et que finalement il n’y en a pas tant que ça. C’est une atmosphère oppressante, malsaine, mais il m’a manqué une pointe d’excitation.
      Pour autant je relirai volontiers David Vann, j’ai aimé son style 🙂

      1. Quand on sait que le père de David Vann s’est suicidé lorqu’il avait 12 ans et qu’il avait refusé justement de partir avec lui sur une île semblable, le livre résonne différemment ! J’ai aimé Désolations aussi mais du coup je n’ose pas te le conseiller !!! 😆

        1. Effectivement, cela donne une toute autre dimension au roman !! Je ne savais pas du tout, il faut dire que je m’informe très peu sur les écrivains que je lis. A tort de toute évidence. Désolations est tout de même sur ma wishlist, je n’ai pas d’attentes vis à vis de celui-ci, je me laisserai porter ^^

  6. Malgré tous les éloges vu ici ou là autour de ce titre je n’ai jamais vraiment eu envie de le découvrir. De tout façon ma pal est déjà tellement énorme, il faut bien faire des choix.

  7. à lire s’il passe entre nos mains donc, sans courir après
    comme toi les challenges, LC et livres d’éditeurs emplissent le champ des lectures, parfois vers l’overdose

  8. J’en garde un sacré souvenir ! Je partage ton point de vue quant aux personnages (je n’ai pas saisi les priorités de fé père de famille…)

A vous les micros !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s