« Quatre jours en mars », de Jens Christian Grøndhal

9782070448401Alors qu’elle se trouve à Stockholm pour affaires, Ingrid reçoit un coup de fil dans sa chambre d’hôtel. Son fils est au commissariat pour avoir roué de coups un autre garçon. Ingrid rentre en urgence au Danemark et c’est là, pendant quatre jours, que va s’opérer en elle une profonde introspection. Elle va repenser à son mariage raté, à sa liaison avec un homme marié, à l’éducation qu’elle a reçue, à celle qu’elle a donnée à son fils.

C’est un roman très dense et intime que nous propose Jens Christian Grøndhal. Nous suivons pendant près de cinq cent pages le flux de pensées d’Ingrid, entrecoupés d’évènements se déroulant sur le week-end. Le rythme est lent, mais il permet de coller au plus près à ce qu’il se passe dans la tête d’Ingrid, qui ressasse, se remémore. Si au début on peut avoir du mal à accrocher, peinant peut-être à cerner l’intérêt de l’histoire, le fil qui se déroule petit à petit devient de plus en plus captivant. Car on se rend compte progressivement des fausses impressions, de ce qui est révélé mais était caché au départ, et on apprend quantité de faits qui apportent un éclairage nouveau sur ce qu’on pensait savoir.

La construction est déstabilisante, mais c’est ce qui donne son intérêt au style de l’auteur. Il ne s’agit pas d’un récit qui suit un cheminement chronologique mais sentimental, si bien qu’on passe du présent au passé, au passé d’il y a vingt ans, huit ans, tout cela dans un même paragraphe, presque sans prévenir. Le lecteur doit se donner la peine de remettre les évènements à leur place, mais au bout de quelques dizaines pages nous entrons dans l’esprit d’Ingrid et nous nous calquons facilement sur son mode de pensée et donc sa chronologie affective.

J’ai eu du mal à entrer dans l’histoire, mais une fois embarquée, je n’ai pu me détacher du destin d’Ingrid, de sa mère qui l’a délaissée, et qui a elle-même été délaissée par sa propre mère. Le destin de ces trois femmes, qui forme la trame de l’intrigue, m’a happée. Un très beau roman, émouvant tout en retenue grâce à la plume délicate de Jens Christian Grøndhal.

Chronique réalisée pour Les chroniques de l’imaginaire

Folio, 2012, ISBN 978-2-07-044840-1, 481 pages, 8,10 €

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11 réflexions au sujet de « « Quatre jours en mars », de Jens Christian Grøndhal »

    1. C’est une écriture assez lente mais finalement, quand on se laisse faire, c’est très prenant 🙂 Et l’histoire est touchante. J’espère que ça te plaira.

    1. J’avais aussi lu Silence en octobre, et le procédé est le même, l’écriture suit les flux de pensées [http://climaginaire.com/index.php/climaginaire/Livre/Roman-Nouvelle/Inclassable/Silence-en-octobre]
      Il faut aimer le genre, mais ça vaut le coup 🙂

  1. Contente que tu l’ais aimé. Et tu en parles très bien. À ta lecture, l’atmosphère du livre et les états d’âme de la narratrice me sont revenus en mémoire. Merci

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