« Little Alice in Wonderland T1 », de Franck Tacito et Antoine Lecocq

Quand on pense à l’univers d’Alice au pays des merveilles, on imagine une petite fille curieuse, une méchante Reine de Coeur horrible, une innocence enfantine même si Alice rencontre sur sa route des êtres malveillants…

Franck Tacito a choisi de prendre cet univers à contre-pied et de l’adapter à sa sauce, en créant une histoire futuriste, déjantée et rock n’roll.

La Reine de Coeur est une femme d’affaires terrible, qui règne sur Wondercity, une ville de gratte-ciels, du haut de sa tour. Très belle, vêtue des pieds à la tête de sa couleur, elle veille à ce que Wondercity grignote petit à petit Wonderland, le pays des rêves d’Alice, qu’elle tient sous sa coupe. Elle l’a enlevée afin de maîtriser Wonderland.

Le Lapin Blanc veut sauver son amie (une chanteuse rock tout sauf ingénue) et cherche pour cela l’aide de cinq super héros, à commencer par Tikky Big Bang, l’héroïne de l’espace. Mais il l’a trouvée dans une soirée, une soirée déguisée. Et c’est donc en réalité une secrétaire déguisée en Tikky Big Bang qui n’a rien demandé qui se trouve coincée dans Wonderland, lancée malgré elle à la recherche d’Alice avec le lapin.

Présenté ainsi, vous vous dites certainement que ça a l’air de partir dans tous les sens. Et c’est le cas. Pas évident au début de comprendre ce qu’est Wonderland, pourquoi la reine détient Alice, d’où sortent ces super-héros. Jusqu’au moment où on se laisse prendre par l’histoire sans trop chercher à comprendre, en prenant les faits tels quels. Et c’est de cette manière qu’on peut prendre plaisir à lire cette intrigue complètement loufoque, mais qui mène quand même quelque part, rassurez-vous.

L’histoire prend une tournure très originale,et moderne, avec le pouvoir que donne l’argent sur tout, même sur ce qui semble n’avoir aucune valeur marchande : nos rêves. Il est aussi très amusant de voir les personnages que nous connaissons sous une facette totalement différente. Alice en talons hauts, cigarette à la main et mine hargneuse pour l’affiche de son concert, voilà qui a de quoi étonner et faire sourire.

Les codes fondamentaux pour qu’on reconnaisse l’univers d’Alice au pays des merveilles sont bien là. Des coeurs sont insérés dans les phylactères associés à la Reine de Coeur, la numérotation des pages figure dans des couleurs, Alice est toujours habillée de blanc et de bleu…

L’humour est parfois lourd, je serais même tentée de dire souvent. Je ne suis pas bonne cliente mais cela colle à l’esprit de cette BD, et finalement cela passe plutôt bien. Les couleurs d’Antoine Lecocq sont très prononcées et vives, parfois trop, l’oeil est attiré partout et s’éparpille. C’est acidulé, comme un paquet de bonbons, et peut gêner la lecture. Mais encore une fois cela colle à l’esprit de la BD. Les dessins de Tacito sont très travaillés, truffés de détails, et on ne peut s’empêcher de prendre le temps d’observer chaque planche.

Esthétiquement c’est du très beau travail, même si à mon sens, il y a trop de couleurs et de détails. Pourtant la mayonnaise a pris, j’ai adhéré à cette version qu’a voulu nous proposer Tacito, Et je suis curieuse de connaître la suite des aventures d’Alice.

Chronique réalisée pour Les Chroniques de l’Imaginaire

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Glénat, 2012, ISBN 978-2-7234-8473-2, 46 pages, 13,90 €

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21 réflexions au sujet de « « Little Alice in Wonderland T1 », de Franck Tacito et Antoine Lecocq »

  1. On fait dans l’expérimental Madame ?? ^^ Ça me tente assez ce que tu dis, les visuels que tu présentes sont ludiques en tout cas… mais je n’aimerais pas me retrouver accoutrée de la sorte dans un jardin public !! Trop peur de prendre froid 😛

    1. Les personnages féminins ont l’air d’avoir particulièrement chaud, en effet ^^ C’est assez spécial, plus comics que BD je trouve, mais je ne m’y connais pas assez pour en juger. En tout cas c’est très original et ça se tente 😉

      1. Oui, j’ai fait le parallèle avec des comics. En fait, cet album m’a fait penser à « Fables », mais cela tient plus (je pense) au fait que le conte soit remis au gout du jour. Et puis des couleurs aussi sont soutenues… ça fait très bd américaine pour moi ^^

    1. Elle est sortie en septembre, je pense que tu auras du mal à la trouver. A moins que votre médiathèque soit plus vite achalandée que la nôtre. A Lille on a beaucoup de choix, mais faut pas être pressé pour les nouveautés ^^

    1. On reçoit des choses sympas, ça me permet de faire des découvertes 🙂
      Feuillette mais évite un jour où tu sens une migraine pointer son nez, ça risque d’être fatal ^^

    1. Il y a effectivement de grande chances que tu préfères celle-ci ! On ne la voit pas beaucoup dans ce premier tome mais elle est tout de même plus rock’n’roll ^^

  2. Merci pour ta chronique de mon p’tit wonderland qui me remplit de plaisir en ce lundi matin grisonnant et humide.
    Le côté déjanté que tu mets en avant est totalement assumé. Ma façon de voir les choses, désacraliser un mythe à grand renforts d’absurde, c’est mon côté garnement qui reprend le dessus. Ma première parodie, ça remonte à pas mal d’années, était Billy the Cid de Corbeille, qui m’avait valu 3 heures de colle mémorables à écrire en boucle : « Je respecterai le patrimoine de la littérature française et ne dissiperai plus mes camarades de classe… »
    Pour le côté comics, encore une fois, je revendique. J’ai appris à lire avec Strange et Marvel, que ma grand mère m’achetait en cachette les premiers mercredis du mois au grand dam de mes parents.
    C’est aussi en recopiant mes super héros favoris que j’ai compris que quand je serai grand je serai dessinateur de p’tits mickey!
    Pour Fable, Pas mal de personnes m’en ont parlé alors même que je commençais à planter les premières lignes de mon futur Little Alice.
    J ‘ai acheté un épisode (Jack of Fable) mais je l’ai juste feuilleté, de peur de me rendre compte que mon idée qui me paraissait si originale avait déjà été exploitée avant moi…
    On m’a aussi parlé de Once upon a time…..
    Bon, ravi que la mayonnaise ai pris et J’avoue, C’est bien la première fois que je réussis une mayonnaise….
    PS: Pour les mots de tête, je peux fournir l’aspirine.

  3. Merci de ton passage ici Franck 🙂
    Et merci pour toutes ces précisions, c’est toujours intéressant de savoir ce que l’auteur a voulu exprimer, pourquoi ce choix etc
    L’anecdote de la colle me fait beaucoup rire, même si j’ai du mal à concevoir qu’on bride l’imagination des élèves, mais bon, faut pas toujours chercher à comprendre 😉
    En tout cas j’ai beaucoup aimé la façon dont tu as détourné l’histoire d’Alice, c’est frais et décalé, original… Quant aux couleurs c’est vrai que je n’ai pas l’habitude d’en voir autant d’un coup, mais comme je le dis, ça colle avec ce que tu as voulu créer. Le tout est cohérent, et j’incite tout le monde à tenter le coup.
    Il ne me reste plus qu’à attendre la suite ^^

A vous les micros !

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